Au début du XIIIe siècle, Luzarches compte environ 2000 habitants. Elle est dotée de fours banaux, de moulins à eau, de pressoirs et constitue un important lieu d'échanges.
En 1220, dans une charte de Jean de Beaumont, il est fait
référence à deux seigneurs, celui du Château d’En-Haut et
celui du Château de la Motte, ce qui permet de situer la
construction du deuxième édifice fin XIIe, début XIIIe.
Il existe alors deux
établissements hospitaliers : une léproserie, la Maladrerie, et
l’Hôtel-Dieu qui possède une chapelle.
La fin du XIIe siècle voit également la naissance de
Robert de Luzarches (mort à Amiens en 1223).
Au début du XIVe siècle,
Luzarches connaît une grande prospérité et bénéficie de
l’essor économique comme en témoigne le nombre des auberges
et hostelleries (les Trois-Maillets, la Levrette, les Trois
Couronnes, le grand Hostel de l’Ange, le Heaume, la taverne
de Guillaume Dampmartin, l’Hostellerie du Chat, le Pot
d’Etain, l’Échiquier).
Deux marchés se tiennent le mardi et le vendredi, complétés par
deux foires annuelles le jour de la Saint-Cosme et de la
Saint-Simon.
Une halle existe déjà, même s’il ne s’agit pas de la
halle actuelle.
En octobre 1320, a lieu la
translation des reliques en présence de Jeanne de Bourgogne, épouse
de Philippe V le Long, qui a offert une nouvelle châsse "édicule en
argent soutenu par quatre piliers aux angles, orné sur ses deux
grandes faces, et quatre piliers moindres sur les pignons latéraux
; une tablette latérale est elle-même rehaussée par quatre
lions".
Cependant, dans la deuxième moitié du siècle, la prospérité des
uns entraîne la convoitise des plus pauvres ; de plus les conflits
intérieurs contribuent à l’instabilité. Luzarches traverse
une période troublée. Tout est favorable à l’arrivée
d’un envahisseur. Les Anglais occupent la région.
En août 1429, Jeanne d’Arc
dans sa marche sur Paris, délivre "Lusarches". Malheureusement la
ville est dévastée. Elle est donnée en partie à Robert, comte de
Willoughby, avant de revenir à la famille d’Orléans.
En
février 1482, Louis XI rétablit un marché le jeudi et une
foire à la Saint-Cosme - Saint-Damien.
Au XVIe siècle, Luzarches reconstruit sa
prospérité. C’est une place forte entourée de remparts percés
de portes. Six puits publics alimentent la ville. Ses revenus
proviennent des étangs poissonneux, des moulins, des champs, des
pâturages, des cultures (vignes, oseraies, saulaies, arbres
fruitiers, blé, froment, avoine, foin). C’est le troisième
relais de postes situé sur la route de Paris à Amiens. La ville
compte alors une multitude d’auberges et hôtelleries.
Jean de Cenesme fait rebâtir une partie du Château de la
Motte.
Les premières années du XVIIe
siècle sont relativement paisibles. Le développement de
Paris entraîne un besoin d’approvisionnement accru et
Luzarches tire parti de sa situation. Auberges et hostelleries
restent florissantes. Bossuet rencontre Louis XIV revenant des
Flandres, à l’Écu de France , siège de la Poste aux Chevaux,
en juillet 1675.
Dans la deuxième moitié du
XVIIe siècle, les Pénitents du Tiers Ordre de
Saint-François s’établissent à Luzarches, à Rocquemont, et
font bâtir la Maison Conventuelle de Picpus.
Au
XVIIIe siècle, Luzarches connaît de nombreuses
transformations. Le château de la Motte est démantelé. Le château
d’En-Haut est transformé en ferme. L’hôpital est
transféré rue du Bourg.
Les châteaux de Chauvigny, de Champlâtreux et les parcs sont
profondément remodelés. Les familles Condé et Molé deviennent les
nouveaux propriétaires de Luzarches.
La route de Paris, venant d’Écouen, qui passait devant le
château de Champlâtreux, est rectifiée et passe derrière le
château. Les cahiers de doléances de la ville ne présentent aucune
originalité : ils témoignent des revendications d’ordre
général. Cependant, la Révolution va transformer la ville. Le
couvent de Picpus est vendu comme bien national et acquis par
Sophie Arnould, célèbre cantatrice, qui s’y installe.
Elle reçoit de nombreuses personnalités en sa demeure, "le
Paraclet". L’Abbaye d’Hérivaux est acquise par Benjamin
Constant qui devient Président de l’Administration Municipale
du canton et fait détruire la plus grande partie de
l’édifice.
Au XIXe siècle,
Luzarches vit au rythme des événements heureux et malheureux qui
secouent la France. La population est d’environ 1800
habitants. La production agricole et sa commercialisation demeurent
les ressources essentielles de la ville. L’entretien du
patrimoine bâti et les nouvelles constructions occupent une place
importante : réfection de la Maison Commune, de l’église, du
presbytère ; construction d’un nouvel Hôpital sur un terrain
rue Bonnet appartenant à Alexandre
Hahn ;
organisation de la poste aux lettres ; création par l’Abbé
Soret de "l’Asile", destiné à accueillir les enfants pauvres
puis les orphelines ; création d’une bibliothèque communale ;
installation des réseaux publics d’eau et d’éclairage ;
construction des écoles ; amélioration de la voirie ; création
d’un corps de pompiers ; mise en service de la liaison
Paris-Luzarches par le chemin de fer (Erik Satie emprunta très
souvent cette ligne lors de ses séjours au château de
Thimécourt).
Textes élaborés par Renée Baure-Rat et
Jean-Michel Rat
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