Au milieu du XIXe siècle, l’hôpital possède la maison, les bâtiments et dépendances qu’il occupe alors, provenant de l’acquisition de l’hôtel de l’Échiquier, et environ 73 hectares de terres cultivables ou de prés, répartis sur Luzarches et neuf autres communes circonvoisines. Il possède également des friches, des bois, des carrières, tout le mobilier, de multiples rentes et des fonds de réserve s’élevant à 30 000 F (approximativement, 75 000 euros de nos jours).
Si nous choisissons l’année 1859 pour faire un rapide
bilan, nous constatons que les recettes sont largement supérieures
aux dépenses : les revenus, cette année-là, s’élèvent à 11
286.75 F et les dépenses, à 9 603.05 F. Mais l’état de
vétusté des locaux rend impérieuse la nécessité d’une
reconstruction totale de l’établissement.
Le sous-préfet s’adresse au maire
par lettre en date du 18 avril 1836 :
"M. le Maire, la suite que vous avez mise dans l’exécution
des travaux de votre hôtel de ville, et le prompt succès que vous
avez obtenu, m’a suggéré l’idée de vous renouveler la
proposition que j’avais déjà mise en avant, sans résultat, de
reconstruire à Luzarches un hospice convenable. Celui qui existe
est vraiment ce qu’on peut trouver de plus mal établi".
La commission administrative, cédant aux pressantes instances de
l’administration, décide d’acquérir, "pour 16 000 F, un
clos contenant environ 69 ares, situé dans Luzarches, vers le
milieu de la rue Bonnet, qui forme un parallélogramme dont
l’un des grands côtés est longé par la rue qui le sépare de
la grande place publique du Champ de Foire, appartenant à Alexandre
Hahn".
Plan des pavillons d’entrée du nouvel hôpital de Luzarches
extrait du dossier de Gillet, architecte 1865
(Archives hospitalières - cliché
jmrb_2007)
En 1838, le 2 février, "M.
de Moncerf, directeur de la Société des Houilles de Luzarches,
attribue à l’hôpital 5 actions (250 F par action), à charge
d’entretenir un ou plusieurs lits à la disposition des
ouvriers malades ou blessés appartenant à la société, de leur femme
ou de leurs enfants". (Les recherches de charbon de terre à
Luzarches feront prochainement l’objet d’articles dans
Lusareca.)
En 1841, l’hospice fait
"équiper de grillages les croisées des deux salles où l’on
place les aliénés" et acquiert "deux camisoles de force pour les
aliénés furieux".
En 1855, la commission
administrative se compose de MM. Ribous, maire, Caron, Gaillard,
Mayeux, épicier, et Thézard, notaire. Le 4 juin, Alexandre Hahn est
nommé membre de cette commission par le sous-préfet. Il est
installé le 15 juillet 1855.
Cinq ans plus tard, le conseil examine un premier projet de
reconstruction, sur le terrain situé rue Bonnet. Le projet est
rectifié, pour prévoir des lits supplémentaires et ajouter un
bâtiment pour les classes destinées à l’école de filles,
dirigées, comme l’hôpital , par les Sœurs de Nevers. Le
ministre de l’Intérieur le refuse, "considérant que 16 lits
suffisent et que le budget ne peut supporter le coût de la
construction de la maison d’école, compte tenu des ressources
dont dispose la commission administrative et de la population
habituelle de l’établissement".
Un projet plus modeste voit le jour en 1864. Il est présenté par
M. Gillet, architecte à Paris. Le 27 octobre, M. Lallier, maire,
soumet les plans à la commission et fait adopter le cahier des
charges. Mais, le 15 décembre, lecture est donnée d’une
lettre du préfet demandant la modification de ce cahier des
charges. Entre autres, il est souhaité que la lucarne prévue au
milieu du toit de la façade soit remplacée par un campanile ou une
horloge. L’approbation définitive du préfet n’est
donnée que le 22 janvier 1865.
Dossier du projet de construction du nouvel hôpital de Luzarches
présenté par V. Gillet, architecte, à A. Lallier, maire, le 7 mai
1865.
(Archives hospitalières - cliché
jmrb_2007)
Il faut attendre le 7 mai 1865 pour que soit enfin posée la
première pierre de l’hôpital. La bénédiction est donnée par
l’abbé Soret, curé doyen de Luzarches, créateur de
l’orphelinat, en présence de M. Lallier, maire, MM.
Hardouin, Budin, Hahn, Hamelin et Pique, membres de la commission,
M. Gillet, architecte, directeur des travaux, M. Soret,
entrepreneur de maçonnerie. Une médaille commémorative ainsi
qu’une série de pièces de monnaie au millésime de 1865 et à
l’effigie de Napoléon III sont placées dans la pierre formant
la première assise du jambage de la porte d’entrée du
vestibule, côté du levant.
Le discours est prononcé par M.Hahn
:
"C’est la première pierre du nouveau bâtiment de
l’hôpital que nous venons de poser dont un savant architecte
a su tracer les projets bien appropriés à sa destination et en
rapport avec les ressources pécuniaires de l’administration
et dont un intelligent entrepreneur nous montre par les prémisses
écloses en ce jour ce qu’on peut attendre de lui et de ses
habiles coopérateurs, de leur consciencieux travail, pour la
réalisation de l’œuvre. [...] Ce palais de
l’hospitalité, institution qui n’a pas eu son analogue
dans les temps anciens, est un produit de notre civilisation
moderne. [...] Je ne vous ferai donc pas aujourd’hui
l’historique de notre hôpital, œuvre de l’aumône
de nos devanciers : fleuve nourricier qui a penché son urne et a
fécondé l’avenir ; car c’est grâce à leur prévoyance et
aussi à la bonne gestion des administrateurs que nous pouvons,
aujourd’hui, sans diminuer la largesse des secours, même de
ceux hebdomadaires, amener à fin notre projet de reconstruction du
bâtiment de l’hôpital, projet dont il est question depuis
plus d’un demi-siècle, et dont l’exécution a sans cesse
été entravée ! [...]"
Liste nominative des membres de la commisiion administrative de
l’hôpital de Luzarches, du personnel, de l’entrepreneur
et de l’architecte en 1865.
(Archives hospitalières - cliché
jmrb_2007)
Les 8 pensionnaires sont alors 3
journaliers, 3 tourneurs, 1 domestique, 1 cultivateur, originaires
de Luzarches centre, de Gascourt, de Trianon, et du Pas-de-Calais.
Ils sont hospitalisés pour "typhoïde, phtisie, otite, érysipèle,
contusion à l’œil, pleurésie, infirmité, fracture à la
tête". Dès 1866, on compte 14 personnes hospitalisées, dont 7 de
Luzarches.
L’année suivante, les importantes modifications qui doivent
être réalisées sur le bâtiment neuf entraînent l’approbation
par le conseil d’administration d’un devis
supplémentaire de 31 274.67 F. L’ancien hôpital, ses
dépendances et sept pièces de terre sont mis en vente – la
mise à prix étant de 71 900 F –, mais ils ne trouvent pas
acquéreur. La réception définitive des travaux est annoncée au
conseil le 14 octobre 1867.
En 1872, on décide que les
bâtiments de l’ancien hôpital seront mis en vente aux
enchères publiques. Une proposition faite par Alexandre Hahn
n’est pas retenue et c’est finalement M. Venevault qui
se propose de les acquérir au prix proposé de 10 000 F.
En 1873, M. Truchy, maire et
président de la commission administrative, cède gratuitement à
l’hôpital une bande de terrain circulaire autour de la
chapelle. Au cours de cette même année, l’hôpital accueille
23 personnes, dont 14 de Luzarches. Le 4 juin 1874, Hahn est nommé
vice-président de la commission administrative.
Le 25 janvier 1879, le nouveau règlement intérieur est
voté. Il concerne les admissions, l’ordre, la discipline, les
services religieux, le travail, la santé, le régime alimentaire,
les secours à domicile adressés aux indigents, et donne la liste du
personnel qui se compose d’un secrétaire, d’un
receveur, d’un médecin, d’une domestique et de trois
sœurs hospitalières, chargées également des classes de
filles.
Plan de la façade du nouvel hôpital e Luzarches avec vue sur le
beffroi abritant la cloche de 1676, extrait du dossier de Gillet,
architecte 1865.
(Archives hospitalières - cliché
jmrb_2007)
En voici quelques extraits
"Art. 3. Chaque membre de
la commission exerce à tour de rôle pendant un mois la surveillance
journalière sur toutes les parties du service intérieur. Il
pourvoit provisoirement aux besoins imprévus de ces services et il
en rend compte à la commission
Art. 18. Tout malade admis
est tenu d’apporter, outre les vêtements nécessaires, un
trousseau à son usage composé de six chemises neuves, douze
serviettes neuves, douze torchons neufs, quatre paires de draps
neufs ; lit, matelas, couvertures sont fournis par
l’hôpital.
Art. 28. Les employés
seront un secrétaire, un receveur, un médecin, un domestique, trois
sœurs hospitalières chargées du service intérieur et deux
autres chargées de la salle d’asile et de la classe de
filles.
Art. 43. Le travail est
obligatoire dans l’hôpital et tout individu en état de
s’y livrer qui refuse de se rendre à l’ouvrage peut
être privé de sortie, renvoyé pendant trois mois.
Art. 44. Les vieillards
indigents valides doivent à l’établissement huit heures de
travail par jour en été et six en hiver.
Art. 49. Les visiteurs ne
seront admis auprès des malades que les jeudis et dimanches de midi
à 2 h.
Art. 51. En hiver, le
lever a lieu à 7h, en été à 6h et le coucher à 8h et demie."
Le règlement ne reçoit pas l’approbation du préfet, qui
demande des modifications. Le 19 janvier 1880, il est réexaminé,
sans enthousiasme ! La commission propose :
Art. 18. Ajouter
"indigent" après tout malade.
Art. 49. Ajouter
"Néanmoins, dans certaines circonstances, des autorisations
particulières pourront être accordées".
Ce règlement est à nouveau remanié plusieurs fois sur ordre du
préfet, mais on ne trouve pas trace de son adoption définitive.
Les familles aisées de Luzarches testent très souvent en faveur de
l’hôpital. Citons en particulier, pour des sommes
importantes, quatre légataires : la famille Thézard, qui, au décès
de Me Thézard, notaire, lègue 1 825 F (le traitement du médecin
inscrit au budget de la même année s’élève à 350 F) ; Mme
Veuve Comynet, propriétaire du château de Chauvigny, qui lègue
plusieurs immeubles, des terres exploitées, et du mobilier de
grande valeur ; M. Truchy, maire, déjà nommé plus haut, qui offre à
l’hôpital un petit pavillon lui appartenant et le fait
rénover à ses frais dans le style des pavillons de l’entrée ;
enfin, Mme Vogt, qui lègue la somme de 10 000 F en 1927.
Sur injonction de M. le Sous-Intendant militaire de Versailles, au
nom du ministre de la Guerre, la commission s’engage à
recevoir les militaires malades, de passage ou évacués, et passe
une convention d’une durée de 5 ans avec les ministères de la
Guerre et de l’Intérieur.
Le 22 juillet 1884, la commission
administrative examine la requête des héritiers Comynet (née
Victoire Hermine Guillaume) qui contestent le legs. La commission
fait observer qu’il "est de notoriété publique que la
testatrice s’est toujours considérée, depuis la mort de sa
fille unique et celle de son frère, comme étant sans famille et par
conséquent sans héritiers. Née à Paris, elle habitait Luzarches
depuis plus de 70 ans. La commission considère que la demande des
pétitionnaires est dénuée de motif et déclare, à l’unanimité,
demander instamment à M. le Préfet de l’autoriser à accepter
le legs".
En 1885, le dossier n’est
toujours pas revenu. La commission envisage d’agrandir
l’établissement et commence à s’impatienter. Il faudra
attendre fin 1887 pour que le legs soit enfin accepté.
Deux ans plus tard, le 29 juin, M. Vernier présente à la
commission ses plans d’agrandissement, qui sont acceptés et
envoyés à l’administration. Ces plans sont renvoyés le 13
mars 1888 pour complément d’instruction.
En mai, le maire de Chaumontel, M Goupil, proteste contre le
renvoi « de l’hospice » d’un de ses administrés. La
commission administrative lui répond que les lettres patentes de
Louis XIV, en sa possession, témoignent de la dénomination de
l’établissement en tant qu’hôpital et que ce terme a
toujours été utilisé. Elle ajoute que le terme « hospice » est un
mot « impropre dans toutes les circonstances ». Elle précise que le
legs de Mme Comynet, qui conduit à héberger gratuitement des
indigents, ne concerne que la commune de Luzarches et non les
communes de Chaumontel, Lassy, Le Plessis et Bellefontaine.
En 1890, le préfet demande de
prévoir des cellules pour recevoir « les malades atteints
d’aliénation mentale ». La commission fait remarquer
qu’il existe déjà une cellule et que personne de Luzarches ne
l’a utilisée depuis dix ans. Les tergiversations se
poursuivent.
Le 28 juillet, la commission décide de céder à la ville de
Luzarches, sans aucune indemnité, une pièce de terre qui
appartenait à Mme Comynet, pour l’agrandissement du cimetière
à partir du mur de son tombeau jusqu’à la voirie du chemin du
Moulin de Luzarches en face le chemin de la Croix des Valets allant
à Chaumontel. Lors de la même séance, les plans
d’agrandissement sont à nouveau examinés. Ces plans seront
définitivement acceptés le 15 avril 1889 et les travaux mis en
adjudication le 5 février 1891.
Le 17 mars 1890, "M. Vaisselle,
vice-président, exprime les regrets de la commission de la perte
qu’elle vient de faire en la personne de M. Hahn, décédé le 2
mars, vice-président de l’hôpital et membre de la commission
administrative pendant plus de quarante années. M. Hahn a rendu à
l’hôpital des services qui ne seront jamais oubliés par les
habitants de la ville".
Plan de la façade arrière du nouvel hôpital de Luzarches avec vue
sur la chapelle, extrait du dossier de Gillet, architecte
1865.
(Archives hospitalières - cliché
jmrb_2007)
En 1891
commencent les travaux d’agrandissement de la chapelle.
Les années 1891, 1892 et 1893 sont marquées par les multiples
démarches entreprises pour vendre une maison sise à Paris, rue
d’Astorg, léguée par Mme Comynet, afin de financer les
travaux d’agrandissement. Le ministre de l’Intérieur
demande "un extrait du testament de Mme Comynet et un plan
d’immeuble. La commission prie le ministre de
l’Intérieur de vouloir bien donner l’autorisation
d’emprunter le plus tôt possible ; les entrepreneurs doivent
commencer leurs travaux dans les premiers jours de mai".
Le 11 avril 1892,
l’autorisation est enfin accordée pour la vente de la maison
de la rue d’Astorg, pour la somme de 240 000 F.
Le 20 septembre, le Dr Barbier démissionne, après 34 années de
service ; il est remplacé par le Dr Ockinczye.
Le 18 novembre, on donne lecture d’une lettre émanant
conjointement du conseil général et du préfet, qui souhaitent créer
un service départemental d’hospitalisation.
"L’hôpital de Luzarches, considérant qu’il a été créé
au moyen de legs faits par des particuliers et destinés à secourir
les habitants de Luzarches, Bellefontaine, Chaumontel, Lassy et
Plessis-Luzarches, et non pas les indigents des autres localités,
la commission décide de faire verser une somme de 3 F par jour pour
toute personne adulte soignée à Luzarches mais étrangère à la
commune de Luzarches".
Plan de la maison de la rue d’Astorg, à Paris, léguée à
l’hôpital de Luzarches par Madame Veuve Comynet.
(Archives hospitalières - cliché
jmrb_2007)
Le 12 août 1899, la
préfecture avise la commission de son projet de modifier la
législation des établissements charitables et de son souhait de
voir fusionner l’hospice et le bureau de bienfaisance de
Luzarches. La commission se prononce, à l’unanimité, pour le
maintien de la situation d’alors et contre la fusion des deux
établissements en un seul. La formulation du refus est sans appel :
"L’utilité du projet de loi n’apparaît donc nullement.
[...] La loi actuelle suffit pleinement".
Le nouveau siècle s’ouvre sur les mêmes problèmes. Le
président de la commission est M. Gilbert-Boucher, maire, les
autres membres étant MM. Bernardin, vice-président, Budin, Dupré,
délégué du conseil municipal, Flament, Ockinczye et Legrand
En 1900, l’hôpital ne compte
que 24 lits et la commission repousse une demande du ministre de
l’Intérieur qui souhaite voir admis des patients atteints de
maladies sexuellement transmissibles.
En 1906, le préfet propose la
transformation de l’hôpital en hospice chargé
d’accueillir les vieillards du canton. La commission fait
observer que les bâtiments sont beaucoup trop petits et
qu’elle souhaite conserver son statut d’hôpital.
Le 30 août 1910 est prise la
décision de faire poser une marquise au-dessus de la porte
d’entrée de l’hôpital.
Le nouvel hôpital de Luzarches après l’installation de la
marquise au-dessus de l’entrée en 1910.
(Archives hospitalières - cliché
jmrb_2007)
La commission délibère sur l’installation de
l’électricité. Les devis sont examinés en mars 1911 et elle
choisit la maison Renaud et Tripette pour installer 35 lampes et 16
prises. En mars 1911, l’installation du gaz est également
requise pour les cuisines. Le 10 mars, le contrat est signé avec la
Saint-Quentinoise et le gaz installé le 30 mai. En août, on décide
de poser dans le vestibule une plaque en marbre où seront inscrits
les noms des bienfaiteurs. En 1912, un nouveau calorifère est
installé.
Dès le mois de septembre 1914 se
pose le problème de l’approvisionnement de l’hôpital
– la population ayant déserté la ville. Le procès-verbal de
la séance du 1er novembre mentionne l’exode de la population
de Luzarches à l’approche de l’ennemi (cf. "Écho du
passé – Luzarches – La Grande Guerre 1914-1918").
Á partir de 1915, la situation devient de plus en plus
difficile. Il est presque impossible de se procurer du charbon dans
la commune ; il faut faire face à une hausse constante des prix de
toutes les denrées et à leur raréfaction. Certaines des propriétés
de l’hôpital sont dégradées et les revenus des terres
affermées s’amenuisent.
Les administrateurs encore présents dans la commune et le
personnel font face du mieux possible, avec le concours de quelques
commerçants charitables. Seules les affaires courantes sont
mentionnées, à l’exception de la réfection du calorifère de
la chapelle.
Il faudra attendre la loi du 17 avril
1919 sur la réparation des dommages de guerre, et le dépôt
de la demande d’indemnité, pour envisager un
recouvrement du montant des pertes subies.
Renée Baure-Rat & Jean-Michel
Rat
jmrbrulis@orange.fr