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La maison du Val-d'Ysieux 3/3

                                 

 

La Maison du Val-d’Ysieux                                                                        

 

 [cliché jmrb_2007]

En 1920, le conseil d’administration se compose de MM. Budin, maire, Arnaud, délégué du conseil municipal, Obin, Lefebvre Joseph, Taillefer, Gallois, Naudin, Lefèvre, les trois derniers étant excusés lors de la première séance. Le 18 septembre, M. Budin devient délégué du conseil municipal en remplacement de M. Arnaud, élu maire.

La commission dresse une liste des dommages subis pendant la guerre (détérioration d’immeubles bâtis ou non bâtis, y compris les bois, d’outillage, d’accessoires, etc.). Cette liste est déposée à la mairie, puis envoyée au greffe de la commission cantonale, la commune étant représentée par Émile Arnaud, maire. Le lavoir semble être le bâtiment le plus détérioré : vitres cassées et toiture à refaire. La commission demande une compensation  de 500 F, qui est acceptée.

Le 7 décembre, la commission décide de céder gratuitement à la commune « un terrain faisant partie du legs Comynet, pour qu’il soit affecté à l’inhumation des soldats morts pour la France dont les familles ne disposent pas de ressources suffisantes pour acquérir des concessions perpétuelles ».

Le 12 avril 1921, la commission comprend MM. Arnaud, maire, Lefèvre, adjoint, Lefebvre Joseph, Obin, Gallois, Naudin,  Budin et Taillefer. Deux ans plus tard, M. Budin devient maire et le Dr Cels est nommé  médecin de l’établissement.
 
Après les années terribles, la vie de l’établissement reprend son cours. Les conseils d’administration successifs gèrent les problèmes internes et les secours à domicile. Les  registres de délibérations des commissions administratives ne font pas état de transformations majeures. Au début des années 1930, l’architecte Naudin est contacté pour étudier la possibilité d’installer le chauffage central. Les entrepreneurs locaux, Bruneau, Warmé et  Corrouge, sont pressentis. Le projet retenu est celui de la maison Bruneau.

En 1937, la commission décide d’étudier le financement de la construction d’un pavillon d’hydrothérapie.

La Seconde Guerre mondiale va de nouveau poser aux administrateurs les problèmes qu’ont connus leurs prédécesseurs. M. Henri Carré, maire, délègue son adjoint, M. Warmé, à la commission administrative. Les autres membres sont MM. Mouzon, vice-président, Prudhomme, Gautherin, Lefebvre, Petit et Naudin. La commission décide de « faire établir des abris dans les caves et sous-sols présentant une étanchéité suffisante contre l’entrée massive des gaz ».

En décembre 1939, M. Mouzon proteste auprès du président qui n’a pas convoqué le conseil d’administration depuis le 27 juillet. Un échange de correspondance s’ensuit entre lui et M. Carré, retenu à son domicile pour raisons de santé. La querelle s’envenime. M. Mouzon fait appel à la sous-préfecture. Une réponse est adressée à M. Warmé, demandant de trouver un terrain d’entente ; mais le maire, président de droit, maintient l’interdiction de convoquer la commission, sauf dérogation accordée par le sous-préfet.

M. Mouzon adresse une nouvelle lettre à la sous-préfecture demandant l’autorisation de convoquer la commission en mettant à l’ordre du jour les problèmes d’urgence (service du pavillon d’hydrothérapie, achat d’un brancard, comptes du 3e trimestre, comptes des entrepreneurs). Le sous-préfet décide de nommer M. Guerbigny, conseiller d’arrondissement, maire de Villiers-le-Bel,  pour procéder à une enquête.

Cependant, la querelle continue : M. Mouzon et M. Petit écrivent de nouveau au sous-préfet pour signaler l’admission à titre gratuit d’une jeune fille grâce à l’intervention du maire. Le 29 novembre, M. Guerbigny procède à l’audition des membres de la commission. La discorde s’installe : contestations des travaux entrepris, des admissions, des legs récents, des comptes, etc.
La querelle reprend dès le mois de janvier 1940. Le 24 janvier, M. Warmé, Premier adjoint, délégué en tant que président par M. Carré, maire, convoque la commission. Sont présents : MM. Warmé, Mouzon, Petit, Gautherin, Prudhomme et Lefebvre. Absent : M. Naudin. M. Petit est nommé secrétaire.
MM. Prudhomme et Lefebvre refusent de signer le procès-verbal de la précédente séance. M. Mouzon est désigné ordonnateur des dépenses. La donation faite par Marc Gabriel Guette, domicilié à Seugy, alors à l’hôpital, est définitivement acceptée.

Le 16 février, la commission accepte la donation de Mme Hilbert, veuve de Jean Mohrt, et  la donation Blocquet. M. Gautherin est nommé administrateur des services en remplacement de M. Petit, mobilisé.

Le 7 octobre, Mme la Comtesse Baconnières de Salverte, dont les immeubles sont occupés par les troupes allemandes, demande à prendre pension à l’hôpital. La commission refuse, « considérant que l’hôpital ne peut être regardé comme une pension de famille ».

En février 1941, la commission est convoquée par M. Tafin, président de la délégation spéciale et président de la commission. Sont présents : MM. Duffet, Prudhomme, Plaëtvoet, Gautherin, Lefebvre et Alagille.
Le président attire l’attention de la commission sur l’entretien de la tombe de Mme Comynet  (voir Lusareca n° 28), « qui a doté, entre autres, l’hôpital d’une rente de 400 francs par an pour l’entretien de sa tombe. Le jardinier de l’hôpital en sera chargé à l’avenir ». La commission décide également de régler les 300 F d’une fondation destinée aux services religieux en souvenir de cette bienfaitrice.

Les mésententes perdurent tout au long de l’année 1941 et les remplacements de certains membres, après démissions ou limogeages et injonctions de la préfecture, se succèdent. En mai et juin, l’hôpital accueille les réfugiés qui traversent la commune.

Au début de l’année 1942, la commission se compose de MM. Tafin, représentant M. Warmé, délégué de la commission spéciale, Allaire, Mouzon, Bruneau, Carré, Lefebvre et Gautherin. En avril, Mme Cucq de Chevreuse offre de participer à la reconstruction de nouvelles salles destinées à recevoir les pensionnaires du canton de Luzarches, sous réserve que les religieuses de la congrégation des Sœurs de la Charité de Nevers demeurent chargées des soins des malades et de la conduite de l‘hôpital.

En 1943, M. Callaud remplace M Warmé, absent pour raisons de santé.

En 1944, le secrétariat d’État à la famille renouvelle la commission administrative. Les délégués du conseil municipal sont MM. Mouzon et Carré ; le représentant de l’ordre des médecins est le Dr Fournet, le représentant des caisses d’assurances sociales, M. Chevally, et les  membres désignés par le préfet sont MM. Gautherin et Allaire.

En mai, il est décidé de regrouper les archives dans l’un des pavillons se trouvant à l’entrée de l’établissement. Malheureusement, un grand nombre de documents sera dispersé ou détruit ultérieurement. En juillet, l’hôpital accueille la clinique chirurgicale de Beaumont. Dix-huit lits devaient être occupés. Le chirurgien demande l’installation du téléphone.

Le 21 octobre,  M. Queyriaux,  président du comité de libération, convoque la commission. M. Carré  démissionne. Sont présents : MM. Queyriaux, Allaire, Mouzon, Fournet et Gautherin ; M Chevalley est absent.

La commission établit un nouveau contrat avec les Sœurs de Nevers. Trois sœurs, groupées en une communauté religieuse avec une sœur supérieure à sa tête, sont affectées à l’hôpital. Les sœurs doivent être titulaires du diplôme de capacité professionnelle d’infirmières hospitalières d’État ou d’une équivalence. Leur statut est défini au sein de l’établissement.

M. Mouzon donne lecture d’une note par laquelle il propose sa démission. Le comité de libération rejetant cette demande, il est réintégré le 2 décembre 1944, mais il démissionnera en octobre 1945 et sera remplacé par Jean Gautherin.

En  1946, le conseil d’administration composé de MM. Queyriaux, président, Esmein, vice-président, Lequeux, Darène, Limosin et Gallois, sollicite la croix de la Légion d’honneur et la médaille d’honneur départementale pour Sœur Marine Claudine Barnay, en religion Sœur Henri, sœur supérieure depuis 60 ans. Elle sera  faite chevalier de la Légion d’honneur le 8 septembre 1947 et décédera l’année suivante.

La même année, dans le cadre de la réorganisation des établissements hospitaliers, le conseil général étudie la possibilité de supprimer les petits hôpitaux. La commission administrative demande le maintien de douze lits d’hôpital. Le lavoir, qui menace ruine, est vendu à M Guérin.

En 1948, M. Loridan, secrétaire depuis 1940, donne sa démission et est remplacé par M. Legenre, qui fera fonction de directeur économe jusqu’en 1954, date à laquelle cette responsabilité est confiée à Mme Margotin. La commission décide de faire installer l’eau au 2e étage.

Le 16 avril 1949, « le préfet de Seine-et-Oise met à l’étude la transformation de l’hôpital-hospice en hospice, sur proposition du conseil général. La commission souhaite garder 30 lits en hospice et 4 lits en médecine ». La buanderie désaffectée est démolie. Les deux pavillons de la porte d’entrée sont restaurés.

Les années 1950 sont essentiellement consacrées à la gestion des affaires courantes et à l’équipement en petit matériel : machine à écrire, aspirateur, « voiturettes » (fauteuils roulants), sur la demande du Dr Pierre Fournet, réfrigérateur, fosse septique, chaudière. La liste des  fournisseurs locaux est approuvée : MM. Gautherin (vin) ; Morillon  (cidre) ; Brault, Lavallée et Berger (viande) ; Vadeblé et Vigneux (épicerie) ; Clément (pain et farine) ; Lamiral (combustibles).

En 1955, le préfet refuse la proposition de la commission administrative, qui souhaite vendre un terrain pour acheter un poste de télévision. La même année, les établissements Kauffmann procèdent aux travaux d’électrification de la chapelle. En raison du nouveau tracé de la route 322 et de la déviation de la N16, la commission accepte la vente des terrains concernés. Une salle de séjour est aménagée pour les malades et les vieillards.

En 1959, la commission demande que l’hôpital soit classé hôpital rural.

Les années 1960 commencent par une épidémie de grippe qui atteint le personnel, en particulier Sœur Alphonse, et nécessite l’embauche de personnel à titre temporaire. En novembre 1960, la commission évoque la possibilité de faire refaire la toiture. En 1961, le chauffage au mazout est installé.

En 1962, la congrégation des Sœurs de la Charité et de l’Instruction chrétienne de Nevers  fait savoir qu’il sera impossible de maintenir le concours des religieuses à l’hôpital, la supérieure, décédée, ne pouvant être remplacée. La commission souhaite faire le maximum pour éviter ce départ.

« Mme Margotin décide de démissionner et de reprendre sa liberté à partir de septembre 1962, remplacée par M. Duriez en tant que directeur économe stagiaire. » La buanderie est aménagée et la commission fait acheter une machine à laver (25 kg) et une essoreuse (10 kg).

Le bâtiment abrite alors  une partie hospice comptant 34 lits et 4 lits en médecine. Le personnel comprend un directeur économe, 2 infirmières, 2 aides soignantes, 3 agents de service et 3 préposés.

En 1968, le conseil municipal, en accord avec les affaires sociales, décide d’envisager la construction d’une maison de retraite de 80 lits sur le terrain situé au lieu-dit Saint-Ladre et examine le projet présenté par la société immobilière de la Caisse des dépôts.

Le bâtiment, en forme de quadrilatère, comprend : un sous-sol abritant les secteurs alimentaires, la blanchisserie et des locaux annexes ; un  rez-de-chaussée et un étage abritant les secteurs d’accueil, le secteur médical et l’hébergement ainsi que la loge du concierge ; un pavillon pour le directeur et le surveillant ; un autre pavillon pour loger le personnel. Une station d’épuration devait pallier l’absence de tout-à-l’égout. En attendant, le directeur de l’établissement est logé dans le bâtiment voisin de l’ancienne école désaffectée, située rue Bonnet, loué à la mairie.

Ce premier projet est abandonné, l’établissement étant situé assez loin du centre de la ville, et, en 1975, le Dr Fournet, maire, fait examiner un nouveau projet : aménagement des bâtiments existants et construction d’un nouveau bâtiment, rue Bonnet. Il faut attendre fin 1977 pour voir se concrétiser ce projet « d’un hospice-maison de santé et de cure médicale pour personnes âgées, rue Bonnet »,  sous l’impulsion conjointe de Bernard Messéant, le nouveau maire, et du Dr Dermer, conseiller général.

Ce projet prévoit effectivement le réaménagement du bâtiment existant et la construction d’un nouveau bâtiment comprenant, au rez-de-chaussée, une salle à manger, un office, 7 chambres à 2 lits, 2 chambres à 3 lits, 10 chambres à un lit, une salle de bains, une infirmerie, une salle d’examen, un bloc cuisine avec réserves et la salle à manger du personnel ; au 1er étage : les mêmes structures moins les cuisines, plus un cabinet de kinésithérapie, un bureau médical, cinq bureaux, une salle de réunion, un local d’archives, une salle de développement des radios.

Ce nouvel établissement est inauguré en 1980, en présence du préfet, de MM. Lucien Dermer, conseiller général, de Bernard Messéant, maire et président du conseil d’administration. Nous ne résistons pas au plaisir de citer un passage du discours prononcé par le Dr Dermer  à cette occasion :
« Qui sait si un historiographe distingué, à l’exemple de l’abbé Lebeuf, n’écrira pas un jour que, le 30 octobre 1980, le Préfet Bussière, entouré des directeurs de ses principaux services, est venu en Pays de France visiter et tenir séance de travail en sa bonne ville de Luzarches ? [] Vous voyez, M. le Préfet, que si la " Maison de cure médicale pour personnes âgées ", que vous venez d’inaugurer, est l’héritière d’une tradition plusieurs fois séculaire, l’accueil des pensionnaires n’y est pas pour autant moyenâgeux. Tout a été étudié dans ce nouvel établissement pour que l’hospitalisation y soit le plus agréable et le plus confortable possible. »
 
Très rapidement, il se révèle nécessaire de prévoir un nouvel agrandissement et un remaniement des structures existantes. M. Messéant, maire et conseiller général, président du conseil d’administration, soutient les directrices successives de l’établissement,  Mme Constantin puis Mme Étiennot, et appuie les dossiers auprès des différents organismes de financement. Les compléments sont apportés par la vente de terrains appartenant à l’hôpital.

Au début du nouveau siècle, le conseil d’administration, sous la présidence de M. Patrick Decolin, maire et conseiller général, et de Mme Viviane Étiennot, directrice, donne une nouvelle impulsion à cette réalisation remarquable, fruit de la générosité et de l’engagement de tous ceux qui, depuis des siècles, ont su perpétuer l’héritage d’une longue tradition hospitalière dans notre cité.                                 
    

Inauguration le 24 mars 2007
[cliché jmrb_2007]

Pour présenter la Maison du Val-d’Ysieux et ses différents services, nous laissons la parole à Mme Viviane Étiennot, directrice, et à M. Gérard Thronel, qui, par l’intermédiaire du Lions International, a participé à l’équipement de la Maison des Fleurs et prononcé le discours d’inauguration de ce service le 24 septembre 2006.

Mme Étiennot 

Avant de vous accueillir, aujourd’hui, je dois vous dire que la route a été longue. Mais, si l’avenir constitue pour les hommes un mystère, il devient un bonheur accessible dès lors que le cap fixé est atteint. Et c’est donc avec le plus grand plaisir que je vous reçois à l’occasion de l’inauguration de la Maison du Val-d’Ysieux. []

C’est en 2000, dans le contexte de la réforme de la tarification des établissements accueillant des personnes âgées dépendantes, qu’un projet de restructuration est engagé ; les premiers travaux commencent en septembre 2004 pour se terminer en décembre 2006. [] Aujourd’hui, l’accompagnement que l’on propose aux résidents résulte du projet d’établissement, formalisé en 2004, où la philosophie de l’établissement est  résumée ainsi : « La maison de retraite doit être un réel lieu de vie où l’on doit continuer à vivre au plus près de ses choix antérieurs et où l’on doit oublier l’hospitalisme, c’est-à-dire que la chambre doit pouvoir être considérée comme son " chez soi ", l’étage " le quartier " et l’ensemble de l’établissement " la ville ". »
Ainsi, tout en respectant les contraintes architecturales et de fonctionnalité, nous avons tenté de recréer cette ambiance de ville. En franchissant les portes de l’établissement, vous êtes donc arrivés sur la place du Parc, où se situe le point information et où sont regroupés et proposés différents services tels que la terrasse intérieure d’un café intitulé le Café-crème, un salon de coiffure qui porte le nom de Cheveux d’ange et une boutique dans laquelle les résidents peuvent acheter divers objets de première nécessité, occupée actuellement par un florilège d’archives que vous pourrez consulter et qui a été réalisé par M. et Mme Baure-Rat, que je remercie.

Sur la place du parc se trouve également le restaurant climatisé appelé l’Escale Gourmande,  qui accueille sur 275 m2 l’ensemble des résidents, lors des trois repas de la journée. Celui-ci jouxte la cuisine, totalement rénovée. Le personnel de cuisine y prépare sur place des repas qui respectent les régimes et l’équilibre alimentaires de chaque résident.

À partir de ce centre-ville, les résidents empruntent différentes rues pour se retrouver « chez eux ».  Ainsi, au rez-de-chaussée, la rue des Tilleuls et l’allée du Potager évoquent l’environnement de la maison de retraite. On flâne le long de la rue des Écoles, car la maternelle est très proche. À l’étage, ce sont la rue du Champ-de-foire (en référence à la place qui borde la maison de retraite), l’impasse du Moulin ou la rue des Vignes qui desservent certaines chambres.

Dans une autre partie de l’établissement, le centre culturel propose aux résidents des films sur grand écran, l’apprentissage de la vidéo, la lecture dans des fauteuils confortables ou même l’initiation à l’informatique. La maison du Val-d’Ysieux compte également sa salle de sport avec son trampoline, son vélo, ses espaliers et ses instruments de musculation.

La place des Arts dispose d’un espace bricolage, la place des Poètes est le coin où l’on réfléchit, devise sur des sujets d’actualité et la place du Champ-de-Foire, où nous nous trouvons, offre aux résidents la possibilité de confectionner des repas très savoureux. Je précise, également, que vous pouvez y admirer une remarquable exposition de photos de résidents réalisées par David Milh, que je remercie.

La Maison du Val-d’Ysieux dispose de 68 chambres individuelles et de 4 chambres doubles. Elles bénéficient toutes du même équipement :
- un cabinet de toilette/WC, une douche ;
- une prise téléphonique avec un  appel direct  et une prise pour la télévision ;
- une sonnette d’appel garantissant un contact permanent avec l’équipe soignante ;
- un lit médicalisé adapté à l’évolution des besoins du résident, un fauteuil et une table.

Les résidents ont la possibilité d’apporter des petits meubles personnels ou des objets de décoration afin de personnaliser leur chambre, ce qui constitue des repères importants pour eux. Afin de permettre aux familles d’accompagner leurs proches, l’établissement met à leur disposition une chambre d’hôte.

Tout à l’heure, j’ai évoqué une partie de l’animation lorsque je vous ai décrit les différents salons, mais je dois ajouter que, dans une salle du château, nous avons créé un atelier « snoezelen ». Ce concept utilise la stimulation des cinq sens :
- pour la stimulation visuelle : miroirs, spots lumineux ;
- pour la stimulation auditive : musique de relaxation ou percussion ;
 -  pour la stimulation tactile : coussins, canapés, différentes étoffes ;
-  pour la stimulation olfactive : parfum, épices, lavande ;
- et des en-cas aux saveurs diverses pour la stimulation gustative.

L’atelier « snoezelen » a une incidence sur l’humeur et le comportement du résident ; il permet également de diminuer les doses de psychotropes administrés aux résidents perturbés et le stress des soignants.

La Maison du Val-d’Ysieux est, par ailleurs, ouverte sur l’extérieur grâce à des rencontres intergénérationnelles, des échanges avec d’autres établissements et des voyages. De plus, elle offre une aide aux aidants, en proposant  un accueil de jour et, prochainement, je pense, des places d’hébergement temporaire. Mais elle est, aussi, insérée dans le tissu social communal, puisqu’elle met à disposition un local pour des infirmières libérales qui prennent en charge les habitants de Luzarches et pour une assistante sociale affectée par le Conseil général du Val-d’Oise au secteur de Luzarches.

Le service accueil de jour, appelé « Maison des Fleurs », est un nouveau service de la maison de retraite ouvert depuis le 1er Juin 2006, du lundi au vendredi de 9 h à 16 h 30. Il s’adresse aux personnes âgées de plus de 60 ans en perte d’autonomie, atteintes par la maladie d’Alzheimer et maladies apparentées. Il a, principalement, pour objectifs de  soutenir les familles ou les proches, en prenant leur relais un ou plusieurs jours par semaine, et de maintenir le plus longtemps possible l’autonomie des personnes malades par une stimulation cognitive, de la gymnastique douce, des séances de bricolage, de jardinage ou de préparations culinaires, mais aussi par un partage et un échange pour éviter le repli.

La Maison des Fleurs est donc implantée au rez-de-chaussée du « Château » et peut accueillir, par jour,  9 personnes en capacité maximale.

Dans un cadre moderne et lumineux, les locaux, dont le mobilier a été offert par le Lions Club, que je remercie, sont composés d’une salle d’activités climatisée de 60 m2 et d’une salle de repos de 38 m2. Dans la salle d’activités se trouvent une cuisine intégrée et un espace repas de 12 couverts  ainsi qu’un espace loisirs avec fauteuils, chaîne hi-fi, télé, lecteur DVD, jeux

                                                                            La Maison des Fleurs :
                                                                             Atelier « snoezelen »
                                                                             [cliché jmrb_2007]

Pour parvenir à ce résultat, je tiens à souligner que la rénovation a duré 29 mois et que le projet a coûté près de 8,5 millions d’euros. Même s’il reste encore différents travaux de finition qui seront terminés dans les semaines à venir, l’essentiel est aujourd’hui réglé.

Ces deux années et demie ont été marquées par trois phases successives de travaux avec trois déménagements des résidents. Lors des mouvements, chaque résident a été pris en charge individuellement par l’équipe médicale, soignante et hôtelière, que je tiens à remercier ici. L’équipe a engagé un dialogue avec chaque résident, afin de répondre à toutes les interrogations suscitées par ce changement. Les familles ont aussi été conviées à apporter leur aide afin que chaque résident puisse vraiment s’approprier son nouveau domicile par un lien familial fort. []

Je souhaite, enfin, vous faire partager cette citation de Léon Bourgeois, prix Nobel de la Paix en 1920 «  l’homme vit dans un état de solidarité naturelle et nécessaire avec tous les hommes. C’est la condition de la vie. »

M. Thronel
 
Au début du siècle, le Dr Jean-François Lozé m’a demandé si le Lions International ne pouvait pas l’aider à créer un centre d’accueil de jour pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer et les maladies apparentées.
Dans son esprit, ce projet s’inscrivait dans un vaste chantier comprenant, d’une part, l’agrandissement de la Maison du Val-d’Ysieux, d’autre part, la rénovation du château dans lequel nous sommes aujourd’hui [].
Je suis heureux que nous puissions être réunis aujourd’hui pour cette inauguration sous le regard bienveillant de saint Côme et saint Damien que ma bonne ville de Luzarches fête en ce week-end.
Mon cher conseiller général, je souhaiterais que vous acceptiez d’être mon interprète auprès de vos collègues pour les remercier d’avoir accepté de prendre en charge les frais de rénovation et de remise aux normes du château au sein duquel se trouve notre centre d’accueil de jour.
Chers amis Lions, [] sachez tous que, par mon propos, le club de Roissy vous exprime sa plus profonde gratitude pour l’apport financier que vous lui avez apporté et qui a permis, ainsi que vous pouvez le constater, d’équiper et de meubler une réalisation dont nous pouvons être fiers. Pour nous tous, membres du Lions International, le rôle que nous avons joué ici, à Luzarches, se termine. [] Le Lions Club s’est investi dans ce projet à hauteur de 27 000 euros. []
Il y a 25 millions de malades Alzheimer dans le monde, dont 850 000 en France.
Ce sont autant de familles qui vivent des instants difficiles et que nous devons aider sans pour autant les gêner sur le plan psychologique. []
Je vous remercie de votre attention.

[clichés jmrb_2007]

Sources
Archives hospitalières de Luzarches.
Archives paroissiales de l’église St-Côme-St-Damien.
Archives municipales de Luzarches.
Pour l’amour du biotope de l’ancien Pays de France, Lucien Dermer, mars 1981.
Discours aimablement communiqués par Mme Étiennot et M. Thronel.

Nous n’aurions pas pu retracer l’existence des établissements hospitaliers de Luzarches du XIIe siècle à nos jours sans le concours de nos concitoyens. Nous tenons à exprimer nos remerciements à tous, et en particulier à Mme Viviane Étiennot, à Mlle Claudine Guttin et aux services de la mairie, ainsi qu’au père Pissot, qui nous ont accueillis avec une grande gentillesse et une inlassable patience.


Renée Baure-Rat et Jean-Michel Rat

             

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