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Beffrois et clochers 3/3

Cloche du beffroi de la Maison du Val d’Ysieux

Elle sert en particulier à appeler aux réunions « au son de la cloche en la manière accoutumée » comme en témoignent les registres de délibérations de l’assemblée de l’administration de la maison hospitalière de 1707 à 1790. 

La cloche actuellement remise en état de fonctionner, à la faveur des travaux de rénovation et de mise aux normes du « château » de la Maison du Val d’Ysieux, est apparemment la doyenne des cloches qui sonnent les heures et les offices à Luzarches. 

On peut, en effet, lire sur ses flancs qu’elle a été fondue en l’an 1676 et bénite par Jacques Thibaut, chanoine de Saint- Cosme.

 

                                                     

   

                                              

                

                                                                           Marie-Marguerite
                [clichés jmrb_2007]

Nommée Marie-Marguerite par son parrain, Robert Bonnefoy, bailli de Luzarches, et par sa marraine, Dame Marguerite Marcadé, veuve de M. Fustel, conseiller du roi, sieur de Chauvigny et Dame Catherine Leprêtre, prieure de l’hospital Saint- Jacques-Saint-Claude. 

Cette cloche tintait sur l’hôtel-Dieu dont l’entrée principale donnait alors sur le Vieux Chemin de Paris, face aux étangs de la ville (voir Lusareca n° 27). Lors du transfert de l’hôtel-Dieu, également dénommé hôpital Saint Jacques-Saint Claude, en centre ville, rue du Bourg, la cloche a été déposée puis rapportée sur le nouvel établissement qui occupait l’ancienne hostellerie de l’Échiquier. 

C’est aujourd’hui la Maison du Val d’Ysieux qui est l’héritière de cette cloche hospitalière. 


Cloches de l’église Saint-Côme-Saint-Damien

   

Un inventaire établi e 1663 fait état de quatre cloches à l’église Saint-Côme-Saint Damien de Luzarches :
Une grosse cloche appelée Marie, fondue en 1599 et pesant 3500 livres ;
Une cloche grosse moyenne appelée Louise-Marie, fondue en 1655 et pesant 3000 livres ;
Une cloche petite moyenne appelée Damianne, fondue en 1612 et pesant 2500 livres ;
Une petite, appelée Geneviève, fondue en 1599 et pesant 2000 livres. 

En 1655, le 26 septembre, Louis Harasse et Jean Sandrin, tous deux marguilliers, ont conclu un marché avec le fondeur de cloches , Jean Gillot, demeurant à Meaux.
La bénédiction a été célébrée par le curé Dufour, curé-doyen de la paroisse. La cloche a eu pour parrain Louis-Henri de Bourbon Soissons, dit le Chevalier de Soissons, seigneur de Luzarches pour moitié, et pour marraine, Marie Viole, alors âgée de 14 mois, fille de Nicolas Viole, capitaine aux gardes du roi en 1655 et d’Anne Boyer (Thézard). 

Les cloches actuelles nous sont connues grâce au registre de paroisse tenu par Pierre Legros, curé de Luzarches. Les inscriptions recueillies par Pierre Legros, notées le 8 juillet 1935, concernent les quatre cloches installées dans le clocher. 

De la plus grosse, et la plus ancienne, à la plus petite, voici ce que dit Pierre Legros :
« Juliette, d’un diamètre de 124 cm, elle pèse 1100 kg et sonne en mi bémol 1/8 bas »
Juliette est aujourd’hui exposée dans le bas-côté nord de l’église à la suite de sa dépose en 1993. on peut lire : « J’ay été bénite en 1762 ». L’ancien bourdon présentait une fêlure au cerveau.
Il a été remplacé par un nouveau bourdon baptisé Renée, le 12 avril 1993.

                                              

 

                                                                                 

Juliette

[clichés jmrb_2007]

 

 
« Honorine, d’un diamètre de 106 cm, elle pèse 720 kg et sonne en Fa. »
Inscription : «  L’an 1877 j’ai été bénite par Monsieur Legrand, curé de Luzarches et nommée Honorine par ma marraine et ma donatrice, Madame Victoire Honorine Guillaume Veuve Comynet du château de Chauvigny et par mon parrain M. Gilbert Boucher, Charles Gustave du château de Rocquemont sénateur, conseiller à la Cour d’appel de Paris, et président du Conseil général de Seine-et-Oise ».

« Emilie, d’un diamètre de 94 cm, elle pèse 501 kg et sonne en Sol ¼ bas. »
Inscription : « L’an 1877 au mois de novembre, j’ai été bénite par Monsieur Legrand, curé de Luzarches et nommée Emilie, du nom de la fille de ma marraine et ma donatrice, Madame Victoire Honorine Guillaume Veuve Comynet du château de Chauvigny et par mon parrain M. Gilbert Boucher, Charles Gustave du château de Rocquemont sénateur, conseiller à la Cour d’appel de Paris, et président du Conseil général de Seine-et-Oise ». 

« Gustave, d’un diamètre de 89,5 cm, elle pèse 430 kg et sonne en La bémol 1/16 bas. »
Inscription :  « L’an 1877 au mois de novembre, j’ai été bénite par Monsieur Legrand, curé de Luzarches et nommée Gustave, par ma marraine et ma donatrice, Madame Victoire Honorine Guillaume Veuve Comynet du château de Chauvigny et par mon parrain M. Gilbert Boucher, Charles Gustave du château de Rocquemont sénateur, conseiller à la Cour d’appel de Paris, et président du Conseil général de Seine-et-Oise ». 

Les trois dernières cloches ont été fondues par la maison Crouzet et Hildebrand., en 1877 et baptisées le dimanche 25 novembre 1877. Dans son registre de paroisse, Alexandre Legrand retranscrit son discours de bénédiction :
« L’an mil huit cent soixante dix sept, fête de Ste Catherine, Pie IX étant souverain pontife, le maréchal Mac-Mahon président de la République française,Pierre-Antoine Paul Goux évêque de Versailles, Jean Truchy maire de Luzarches, Leclerc président du conseil de fabrique, nous Alexandre Legrand, curé de Luzarches délégué à cet effet par Mgr l’évêque avons béni solennellement trois cloches données à l’œuvre de l’église de Luzarches pour former carillon avec celle existant déjà par honorable Dame Honorine Victoire Guillaume veuve Comynet du château de Chauvigny, fondues à Paris par Hildebrand et Crouzet portant la figure du Christ et de la Vierge mère, la première du poids réel de 720 kg nommée Honorine du nom de la maraine, la douxième du poids de 501 kg du nom de la fille regrettée de la marraine et la troisième du poids de 430 kg nommée Gustave du nom du parrain par ladite honorable Dame Honorine Victoire Comynet du château de Chauvigny et par honorable Monsieur Gilbert-Boucher Charles Gustave , sénateur, conseiller à la cour d’appel de Paris, président du conseil général de Seine et Oise, du château de Rocquemont, en présence de monsieur Dubois-Lacroix aumônier de la Légion d’honneur d’Ecouen, prédicateur de Mr Le Parquet, curé de Marly-la-Ville, L. Roger, curé de Belloy, Toussaint, curé de Louvres, Grandadam, curé d St Martin-du-Tertre, Neveu, curé d’Asnières-sur-Oise, d’Abeilly, curé de Survilliers, Dely curé de Chaumontel et Cordier de Bellefontaine et de monsieur Xavier Leclerc Président de la fabrique, Budin Benjamin, trésorier, Barbier, secrétaire, Poutrel Charles, membre du conseil et d’un nombreux concours de personnes tant de Luzarches que des environs.

À cause de la saison avancée cette bénédiction a été donnée à l’église. » 


Cloches de l’église collégiale de Saint-Côme

   

Terminons par ces cloches qui ont cessé de tinter au XVIIIe siècle lorsque l’église collégiale a subi les outrages du temps et les dévastations « non pas violentes » mais « systématiques et froidement exécutées en exécution de mesures d’ordre général » lors de la Révolution. 

Quatre cloches étaient à Saint-Côme, comme en témoigne le testament du 8 septembre 1655 de Anne Boyer, Dame de Lhervilliers, veuve de Nicolas Viole, seigneur de Luzarches pour moitié. 

C’est encore l’inventaire de 1663 qui précise que l’horloge de la paroisse est au clocher de l’église Saint-Côme. 

Le 11 mai 1676, Jean Guillot, maître fondeur de cloches à Meaux s’engage à fondre les quatre cloches du Chapitre et à en faire quatre nouvelles, « bien sonnantes, fa, mi, ré, ut ». Il assure que la plus grosse de ces cloches sonnera comme la petite moyenne cloche de l’église Saint-Damien, Damianne. 

Le lendemain 12 mai, « les quatre cloches anciennes sont fondues à 9 h du matin ». 

La petite moyenne cloche est bénite par Rieul Delaville, chanoine de Saint-Côme, le 21 mai. Elle a pour parrain Jean-Baptiste de Hesselin, écuyer, seigneur de Gascourt, et pour marraine Catherine de Braque, femme de Michel le Camus, seigneur de Bertinval ; 

La grosse cloche est bénite par Rieul Delaville, chanoine de Saint-Côme, le 27 mai. Deux diacres et l’ensemble du clergé assistent le chanoine. La cloche a pour parrain le Chevalier de Soissons, seigneur de Luzarches pour moitié, représenté par le bailli Robert Bonnefoy, et pour marraine Mme de Nemours, représentée par Mme Barbier, femme du Procureur au Châtelet, en présence de Coquelart, intendant du Chevalier de Soisssons. 

La grosse moyenne cloche est bénite le 22 juin par Rieul Delaville. Elle a pour parrain M. Molé, fils de M. le Président, Seigneur de Lassy, représenté par Michel Le Jay, procureur fiscal, et pour marraine, Mme de Nemours représentée par Madeleine Boudet, femme du bailli Bonnefoy. 

La petite moyenne cloche est bénite par Rieul Delaville le 22 juin. Elle a pour parrain M. de Montereau, de Chaumontel, représenté par Jacques Arnoul greffier, et pour marraine Marguerite Tardif. 

En 1789, les cloches étaient encore en place lors de l’inventaire. 

L’horloge de la paroisse se trouvait, en 1663, au clocher de Saint-Côme, ainsi que la petite cloche de la paroisse qui était au-dessus de la chapelle Saint-Nicolas. Un différent entre la fabrique et les chanoines concernant l’horloge de la paroisse conduit la municipalité à se doter d’une horloge.

 

 

 


 

Le site de la collégiale
[clichés jmrb_2007]

 

 

Le 21 décembre 1700, la fabrique déclare aux chanoines de Saint-Côme qu’elle est disposée à payer pour l’entretien de l’horloge à la condition qu’elle soit publique. Dans le cas contraire, les chanoines conserveraient l’horloge en toute propriété et la fabrique n’aurait plus à verser de contribution pour son entretien. Il s’ensuit une série de contestations, procès et appels pour obtenir la reconstruction et la réparation de l’horloge prêtée à Saint-Côme par Saint-Damien.
Elle sera réparée par Guillaume Guillot, horloger à Luzarches en 1745 ! 

Le 26 décembre 1791, l’assemblée municipale de Luzarches décide qu’il y aura désormais deux horloges dans la commune, l’une à la paroisse, l’autre à la maison commune qui reçoit celle de Saint-Côme.

Jean-Michel Rat et Renée Baure-Rat

 

 

 

 

 

 

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