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La Houille à Luzarches : La Charbonnière (1/2)Une correspondante domiciliée près du village de Thury dans l’Oise, nous a contactés pour trouver quelques renseignements sur Héricart de Thury. Elle avait entendu dire que cet ingénieur avait examiné la possibilité de trouver du charbon à Luzarches. Elle avait consulté en vain plusieurs ouvrages. Grâce aux documents confiés par nos amis Luzarchois, à nos, à nos recherches aux archives et à nos documents personnels, nous avons peu à peu, reconstitué l’histoire d’un siècles de déboires et d’énergie perdue ! En outre, nous avons retrouvé un exemplaire, publié par l’imprimerie de Mme Huzard en 1830, de la Notice qur les recherches entreprises à Luzarches et le degré de possibilité d’y trouver une mine de houille ; extraites des mémoires, de M. le Vte de Thury.
Recherches de charbon de terre au XVIIIe siècle (M. Morand - 1780 - Cliché jmrb_2006.)
Les premières recherches : l’espoir Arrêt du Conseil d’État du Roi (ADVO – Cliché jmrb _ 2006.) «Le 6 septembre 1782, Tubeuf, concessionnaire du Roi pour l’exploitation des mines de charbon de terre, signe avec l’hôpital de Luzarches un contrat de 74 livres de rente pour les recherches qu’il commence en 1786 sur une pièce de terre lui appartenant et située près de la grande fontaine», dans le vallon de la Charbonnière. Il réside au couvent de Rocquemont et continue ses explorations. Il essaie de trouver des actionnaires et décide alors de s’adresser au prince de Condé. Après avoir placé une partie de ses actions auprès de ses amis, il propose au prince d’en accepter vingt-cinq et de protéger son entreprise.
Mémoire pour être présenté à son Altesse Sérénissime Monseigneur le Prince de Condé (Musée Condé. Chantilly – Cliché jmrb _ 2006.)
Transcription du mémoire :
Le 9 octobre, Maître Boucher, notaire, dresse procès-verbal, en présence de M. Tubeuf, de l’état de la fouille faite au coin de l’enclos du couvent de Rocquemont, au lieu-dit « les aulnes de la Seigneurie ». Les maîtres mineurs venus de Valenciennes attestent qu’« après 51 pieds (16.56 m) de sables mouvants, de glaises sablonneuses et un niveau d’eau entretenant deux pompes de 6 pouces (0.16 m) de diamètre chacune, il s’est trouvé une première veine de charbon de 8 pouces d’épaisseur (0.22 m) ; que 10 pieds (3.25 m) plus bas, et sous les mêmes glaises mais plus grasses et plus noires, une seconde veine divisée en quatre filons faisant ensemble 3 pieds (0.98 m) de charbon dont l’échantillon, partie réduit en grains et partie en morceaux ramassés sur les bords du puits, est mis sous scellés dans deux boîtes, une remise à M. Tubeuf, l’autre au notaire ; que la veine a un toit de grès tendre, parsemé de coquillages ; qu’ensuite de plusieurs glaises plus dures, mais peu consistantes ; les eaux n’ont pas été arrêtées jusqu’à 88 pieds (28.58 m) où une couche de grès à gros grains et une espèce de marne contenant beaucoup de pierres de corne et de pyrites ont arrêté les eaux à 90 pieds (29.25 m) de profondeur ; qu’alors on a sorti les pompes ; que la fouille a été creusée à 143 pieds (46.46 m) ; on a ouvert une galerie latérale pour rencontrer la veine ; à 192 pieds (62.36 m) de distance, on a retrouvé la seconde veine, ayant 17 pieds (5.52 m) de pente, du nord au midi, paraissant plus abondante et meilleure que dans le puits ; mais qu’aussitôt débouché dans la veine il est sorti une grande quantité d’eau, que la galerie a été remplie d’un bout à l’autre ainsi que 49 pieds (15.92 m) du puits ; ce qui a causé un affaissement sur le bout de la galerie où il paraît un trou de 20 pieds (6.50 m) de diamètre, sur 8 ou 10 de profondeur ». Ils reconnaissent que la veine est assez abondante pour être exploitée, mais que la mauvaise qualité des terrains qui la couvrent et l’abondance des eaux qui la noient la rendent inexploitable. Ils suggèrent alors de creuser plus bas dans un terrain plus solide.
Les premières déceptions En novembre, l’assemblée municipale se réunit et donne suite aux nombreuses plaintes émanant surtout des vignerons. Elle établit un mémoire destiné aux autorités. Transcription de l’arrêté de la communauté des habitants de la paroisse de Luzarches : L’an mil sept cent quatre vingt-sept, le dimanche
vingt-cinq novembre quatre heures de relevé, l’assemblée
après avoir été convoquée en la manière ordinaire au son de la
cloche par le valet de ville, tenante en la chambre à ce
destinée. En outre, les résultats sont très loin d’être satisfaisants. Les événements de 1789 et la confusion qui s’ensuit à l’échelon local les années suivantes contribuent à ruiner l’espoir de réussite de la compagnie. Le paiement des ouvriers cesse très rapidement. 1792 voit le démantèlement de l’exploitation et l’accumulation des plaintes. Dès le début de l’année, l’exaspération des malheureux ouvriers et employés, qui ne reçoivent plus de salaire depuis près de quatre ans, est à son comble. Ne pouvant assurer la subsistance de leur famille, ils décident de pallier le manque de résultats à leur manière. S’ensuit une série de plaintes et de décisions prises au jour le jour. Le samedi 12 mai, à 6 h du matin, plainte est déposée auprès du juge de paix, Charles Louis Boucher, par « Louis Pichon, charpentier, demeurant à Luzarches, au lieu-dit la Mine ». Il s’est aperçu « d’un vol d’une pompe en cuivre et autres conduits en fonte ». La plainte est reçue par « Charles Louis Boucher, André Boult et Jean-Baptiste Marié, notables. Le sieur Pichon déclare ne pas savoir signer ». Le 16 mai « comparaît le caissier des Mines nationales de Luzarches, qui officialise la plainte du sieur Pichon signalant la disparition de la pompe ». Le 26, deux employés, accompagnés de deux gendarmes, se présentent à nouveau devant Charles Louis Boucher, Charles Louis de Sèvres, André Boult, « notables en matières criminelles ». Le charpentier déclare avoir entendu « vers minuit, un bruit considérable alors qu’il était au lit et voulut intervenir ; mais les malintentionnés avaient bloqué » sa porte. Pichon ayant vu, dans Luzarches, la « veuve Mauries, marchande
chaudronnière, domiciliée rue de la Heaumerie à Paris », et son
fils Guillaume, décide de se rendre à Paris. Il constate
qu’elle possède la pompe en cuivre en question et une autre
pompe appartenant à la compagnie. Elle prétend les avoir achetées à
Lantrebecq, mineur, avec la permission de Pierre Desaint-Cels,
directeur de la mine. Elle dit avoir versé un acompte et montre les
papiers officialisant la vente. Il s’agit, d’une part,
d’un certificat des officiers municipaux de la ville de
Luzarches qui attestent que Desaint-Cels est directeur de la
compagnie des Mines nationales de Luzarches et, d’autre part,
d’un pouvoir de ce dernier, en tant que « directeur des Mines
régionales des environs de Paris », rédigé en ces termes :
Pouvoir de Pierre Desaint-Cels. (ADVO - Cliché jmrb _2007.) Le 6 juin, Pierre Desaint Cels « autorise Lantrebecq à vendre à son compte les effets (matériel) restants ». Le 13 juin, il verse à Lantrebecq, après compte-rendu de la vente, 833 livres en acompte des 3260 livres dues pour ses appointements de Maître mineur impayés depuis quatre ans et dédommage les autres ouvriers. (À suivre.)
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