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Chauvigny : histoire d'un fief (2/2)

Outre Mme Toulet et son équipe aux Archives du Musée Condé de Chantilly dont l’accueil est toujours aussi remarquable, nous tenons à remercier tout particulièrement Mme Janine Jacques qui a ouvert ses archives familiales avec enthousiasme et un plaisir partagé au cours de longues et passionnantes journées, dans sa résidence de la rue Vivien. Sans son active participation et ses recherches personnelles, nous n’aurions pu terminer cette longue histoire du fief de Chauvigny. 

En 1680, Charles Baron, maître des Comptes, vend une pièce de terre à Alix Duval vigneron à Seugy, pour fondation faite pour le repos de l’âme de Madame Fustel (acte établi devant Prévôt, notaire à Luzarches). 

En 1684, Charles Baron, sieur des fiefs, terre et seigneurie de Chauvigny, de la Noue, Gascourt et autres lieux, obtient de Louis XIV des lettres de papier terrier. 

En 1685 (7 mars), Charles Baron conclut un marché avec Simon et Jean Landry, maçons à Jagny, et Guillaume Guyot, maçon à Châtenay, pour la construction d’un mur de clôture, au clos de Chauvigny, « depuis celui qui s’y trouvé déjà, jusqu’au ruisseau du côté des hayettes (au couchant). Ce mur mesure 22 pouces aux fondations, puis 18 pouces sur 9 pieds de haut, sans chaperon. Il est parcouru par une chaîne de plâtre de 2 pieds 1/2 de large, de 12 en 12 pieds, à deux égouts et à filets, crépis du côté di clos et en plâtre du côté des champs. Le tout doit être terminé pour la Saint Jean et payé 8 livres 10 sols la toise, aux us et coutumes de Paris. Si le travail n’est pas terminé, seuls les travaux finis seront payés 8 livres et 5 sols seulement ». 

En 1685, Charles Baron et sa femme, Marie Le Roux, assistent aux obsèques de leur fille, Marie-Claire, âgée de 15/16 ans (18 octobre). 

En 1691, le jardinier de Chauvigny s’appelle Jean-Baptiste Petit. 

Vers 1692, Charles Baron, également président du grenier à sel de Paris, décède. Charles Baron, fils, lui succède à Chauvigny. 

En 1694, Marguerite Fustel, veuve de Charles Baron, et son fils Charles, obtiennent de Leclerc, Curé de l’église Saint Damien, un banc dans l’église. 

En 1695, Louis Bonneval est receveur de Chauvigny. 

Le 24 juin 1704, Marguerite Fustel baille la ferme de Chauvigny à Pierre Dupuis, moyennant 1000 livres. 

Le 28 décembre 1704, Charles Baron, fils, conseiller du Roi et Maître en la Chambre des comptes [1] , achète une partie du bois Trottet - 10 arpents - et une partie des fiefs de Gascourt et de Thimécourt à Alexandre, Gaspard, Charles et Nicolas de Baillon et à leurs quatre sœurs, douairières de leur mère, Gabrielle de Braque, veuve de Charles de Baillon. Le partage fait le 1er janvier 1705 par Robert Dupuis, expert priseur et arpenteur royal. L’acte est ratifié par la famille de Baillon le 12 avril 1711. 

En 1712 (13 décembre), Charles Baron, fils, et sa mère, font foi et hommage au Prince de Condé et à M. Molé, pour le fief de Chauvigny et pour la partie du fief de la Noue, relevant de la seigneurie de Luzarches. Charles Baron fait foi et hommage pour la partie du bois Trottet, partie de Gascourt et de Thimécourt, acquis de la famille de Baillon. 

La même année, Anne Bataille est femme de chambre de la Veuve Baron et Etienne Châtelain le prévôt de la justice de Chauvigny. 

Le 26 novembre 1716, la ferme de Chauvigny est louée à Nicolas Besnard, moyennant 900 livres. 

8 juin 1718 : rapport de Claude Harlet, arpenteur royal juré à Luzarches, sur le bornage du clos Saint Lazare. A la requête de Madame Baron et d’Eustache Lemoine, son fermier, de l’hôpital de Luzarches et de Sandrin, fermiers, le clos Saint Lazare est borné. Il contient 5 arpents et 97 perches 1/2, soit 13 perches et demi de trop par rapport aux deux arpents situés en-dessous et appartenant à la veuve Baron. L’avenue d’ormes appartient à la Veuve Baron. Le clos Saint Lazare se trouve à 6 pieds au-dessus de cette avenue. Un compromis permet à la Veuve Baron de conserver les trois perches prises pour établir son avenue et laisse les 13 perches et demi de trop au bénéfice du clos Saint Lazare. 

Madame Baron a continué l’acquisition de terres pour augmenter son domaine de Chauvigny. Elle meurt en 1718. 

Madame Baron a fondé un service annuel de 200 messes basses de Requiem, tintées de 50 coups de cloche et dites à 11 heures du matin à l’église Saint Damien, jusqu’à ce que son fils Charles Baron ait fait construire une chapelle dans le Château de Chauvigny. La chapelle étant construite, 100 messes seraient dites les dimanches et fêtes, dans la chapelle, les autres devant être dites à l’église. Après le décès de Charles Baron, de sa femme et de ses enfants, 25 messes seraient dites à la chapelle, les autres l’étant à l’église.

Charles Baron, seul héritier de son père et de sa mère, donne 200 livres de rentes à l’église paroissiale. La fabrique fournit les pains d’autel, le vin, les luminaires et les ornements pour les messes dites à l’église. 

Le 5 mai 1724, Charles Baron obtient du Duc de Bourbon, l’autorisation de faire reculer le chemin de Chauvigny de 15 toises, à Gascourt [2]

Le 24 février 1726, Charles Baron donne à la Fabrique 1500 livres pour l’achat d’un ornement rouge sur lequel seraient mises en broderie les armes de sa mère, dans un seul écusson, à la charge de faire célébrer à perpétuité dans l’église Saint Damien, tous les dimanches après les complies, un salut composé d’un Salve Regina et du Stabat Mater. Les marguilliers, syndic, notables et autres habitants, protestent contre la conduite du marguillier Lozanne, en charge au moment de la donation, qui avait placé la somme à intérêts, pour éviter à la fabrique de subir la dépréciation des monnaies. L’affaire va jusqu’au Parlement. Le donateur qui s’était chargé de faire confectionner l’ornement rouge, le fait exposer aux regards des habitants qui déclarent que leur bonne foi a été surprise. L’ornement est composé d’une chasuble, une tunique, une dalmatique, deux étoles, 3 manipules, 2 chapes garnies de leurs orfraies, un-devant d’autel, un voile de calice, une bourse, le tout en velours rouge cramoisi, orné et enrichi de galons orange et dentelles d’or fin. Coût : 1516 livres 14 sols et 6 deniers. Les habitants acceptent d’une commune voix et retirent les pouvoirs donnés à Courion, pour suivre l’instance engagée devant le Parlement (2 juin 1727). 

En 1729, Charles Baron obtient la permission de faire bénir la chapelle du château de Chauvigny. 

Le 23 avril 1729, il fait foi et hommage aux seigneurs de Luzarches, le Prince de Condé et M. Molé pour le fief de Chauvigny. Il fait aveu et dénombrement du fief, le 16 novembre 1736 [3]

Le 4 avril 1739, un supplément aux aveux et dénombrement est fait, en raison de la superficie réelle du clos de Chauvigny, 15 arpents et un quart au lieu de 13 arpents, par suite de diverses acquisitions et échanges [4]

Le 13 février 1740, Charles Baron, seigneur de Chauvigny, conseiller du roi en tous ses conseils et maître en la Chambre des Comptes, dont il est le doyen - reçu le 19 mai 1692) et Marie Le Roux, son épouse, vendent à Mathieu-François Molé [5] , Président à mortier puis premier Président au Parlement de Paris, seigneur de Champlâtreux, Epinay, Trianon, Luzarches pour moitié, la nue propriété des fiefs de Chauvigny et de la Noue, qui appartiennent à Charles Baron, seul héritier de Charles Baron, père et de Marguerite Fustel, sa mère, seule héritière de Claude Fustel, son père, contrôleur des décimes de Lisieux, par acquisition de Charles de Lasalle et d’Anne Le Coq (contrat du 28 mars 1661), plus la nue propriété du quart de la terre et seigneurie de Gascourt, les trois autres quarts appartenant déjà à M. Molé, quart acquis en 1707 et 1708 de Renée Cailleux, veuve de Louis Roussel, Procureur au Châtelet, et d’Antoine Nurleau, plus la nue propriété du quart de la terre et seigneurie de Thimécourt, dont la moitié appartient au président Molé, provenant de la famille de Baillon et relevant de la seigneurie de Bellefontaine, plus une pièce de bois de dix arpents, faisant moitié de vingt arpents en fief, dits le bois Trottet. L’acte est signé le 13 février 1740. Le tout moyennant la somme de 117000 livres [6] .

Charles Baron qui disposait de l’usufruit d’une partie du bien vendu, meurt le 25 juillet 1748. 

En 1749, le château de Chauvigny est démoli sur ordre de Molé qui fait abattre la futaie et fait replanter des arbres dans les parterres. 

Il a été reconstruit à la même époque de l’édification du nouveau château de Champlâtreux par Jean-Michel Chevotet entre 1751 et 1757. 

En 1770, le président Molé afferme la terre de Chauvigny et ses dépendances à Jean Goujon et Marie Anne Bonnevie, son épouse. Jean Goujon meurt en 1772. 

La ferme est affermée à Michel Goujon, fils de Jean Goujon et de Marie Anne Bonnevie, et à son épouse, Angéline Honorine, Rose Naze, moyennant 3800 livres de fermage annuel. 

Le Premier Président Molé meurt le 15 avril 1793. Un partage de pré-succession ratifié et exécuté par ses héritiers, a désigné Edouard François Mathieu Molé, son fils, comme possesseur de la totalité du domaine dépendant du comté de Champlâtreux auquel la terre de Chauvigny avait été réunie par son père. 

Le 1 floréal an II - 20 avril 1794, Edouard François Mathieu Molé est guillotiné. Le domaine est partagé entre ses enfants devant Me Boulard, notaire à Paris, le 28 germinal an X. La terre de Chauvigny fait partie des biens attribués à Marie Louise Félicité Augustine Molé de Champlâtreux, épouse de Anne Pierre Chrétien de Lamoignon. 

En 1811, la terre de Chauvigny affermée par Louis Mathieu Molé [7] , à Michel Goujon et à sa femme, suivant acte passé devant Dumont, notaire à Sarcelles, le 11 brumaire an VIII, est vendue par Marie-Louise de Lamoignon, veuve du Président Molé, guillotiné en 1794 [8] , à Monsieur Nicolas Guillaume, négociant en vins, à Paris. 

                                                

 

                                             Ferme de Chauvigny 1823 bail Guillaume Budin
                                              (archives familiales J.J. – cliché jmrb_2009)

 

Madame Veuve Comynet fait de très importantes donations et legs à la Fabrique de l’église Saint-Côme-Saint-Damien et à l’Hospice de Luzarches, aujourd’hui Maison du Val d’Ysieux [10] , alors tenu par des religieuses de la Congrégation des Sœurs de Nevers.

Le 3 novembre 1824, au décès de M. Guillaume, survenu le 22 juin 1823, la succession est partagée entre son fils [9] , François- Nicolas, et sa fille, Victoire Honorine. La propriété de Chauvigny est attribuée à Madame Victoire Honorine Guillaume, sa fille, épouse de Cyr Louis Nicolas Comynet. Le couple aura une fille unique, Emilie, décédée peu de temps après son mariage. 

M. et Mme Comynet font exécuter des travaux importants de serrurerie, certaines serrures étant décrites comme « vieilles », et de menuiserie, permettant d’améliorer l’état du château. 

Un état des lieux de 1825 fournit une description détaillée du château qui comprend quatre niveaux :

Un « étage souterrain » : la buanderie, une grande cuisine et l’office et les caves. L’accès à l’extérieur se fait par «  une vieille porte donnant sur la cour de la ferme »
Au rez-de chaussée : la salle à manger (avec l’escalier donnant accès à la cuisine) la bibliothèque donnant sur le jardin, une chambre à coucher, la salle de billard, et le salon.
Au 1er étage : un cabinet d’aisances, un cabinet abritant la chaudière des bains, un petit appartement, une chambre donnant sur le jardin, une autre chambre, une grande chambre à coucher, un cabinet de toilettes.
Au 2e étage : un cabinet d’aisances, une petite chambre avec cheminée donnant sur la cour, un petit appartement, une chambre à coucher donnant sur le parc, cinq autres chambres et une grande pièce servant de garde-meubles.
Enfin, les combles. 

Devenue veuve, Madame Comynet habite, toute l’année, la propriété de Chauvigny, jusqu’à son décès, le 15 mai 1884. 

Comme ses prédécesseurs, Madame Comynet loue la ferme à la famille Budin.
En outre, elle ouvre une partie de son château à des locataires. C’est en particulier le cas, en 1855, du comte d’Ombres, qui occupe quatre chambres de maître, au 1er étage et trois chambres de domestiques au second étage.
 

                                                                                                                  

 

                                              Contrat de location Comynet Comte d’Ombres
(archives familiales J.J. – cliché jmrb_2009)

 

Madame Veuve Comynet fait de très importantes donations et legs à la Fabrique de l’église Saint-Côme-Saint-Damien et à l’Hospice de Luzarches, aujourd’hui Maison du Val d’Ysieux [10] , alors tenu par des religieuses de la Congrégation des Sœurs de Nevers. 

Elle y indique notamment la nature des donations et legs : «je charge aussi l’hospice de Luzarches, du soin de veiller à l’entretien de notre tombeau et à sa conservation. J’affecte spécialement à ces dépenses, une rente de trois cents francs, trois pour cent sur l’Etat, qui sera acquise sur les plus clairs deniers de ma succession et dont je fais dons et legs audit hospice de Luzarches net de tous frais, sur laquelle rente de trois cents francs, il devra entretenir ledit tombeau de soins, de jardinage, en faire ôter les herbes, le ratisser et l’entretenir de fleurs, tailler les arbustes pour qu’ils ne deviennent pas fouillis ». 

Dans l’inventaire du mobilier de l’église établi en 1875, sont mentionnés cinq dons : une chasuble et ses accessoires de drap d’or, franges et galons mi-fin, 3 chapes de drap d’or mi-fin, deux garnitures données à l’occasion du baptême des cloches, une statue de Saint Joseph présentant l’Enfant Jésus à droite, sur un socle et trois des quatre cloches [11]

Le château de Chauvigny fait l’objet d’un legs universel, suivant testament du 15 novembre 1874 et 16 codicilles, au profit de Jean-Auguste Alphonse Préau, dit le Baptiste, alors conseiller municipal, précédemment adjoint au maire de Luzarches, puis démissionnaire (né le 7 nivôse an 9 ; décédé le 17 février 1877). Dans son testament, Mme Comynet a précisé que Jean Auguste Alphonse Préau était son légataire universel, à défaut, son fils et sa belle-fille. Jean Auguste Alphonse Préau étant décédé avant Mme Comynet, son fils Auguste Eugène Préau, conseiller municipal, et son épouse héritent du domaine.

               

                                                            

 

Dessin à la mine de plomb, représentant le château de Chauvigny (non daté) (archives familiales J.J. – cliché jmrb_2009)

 

Auguste Eugène Préau [12] , né en 1823, décédé le 25 mars 1899, et son épouse, Eugénie Eléonore Clément, décédée le 25 décembre 1891, ont six enfants, Léonie, Marie, Georges, Lucie, Berthe et Auguste Eugène.
Marie Préau, née en 1849, décédée le 30 janvier 1876, épouse Paul Dutilleux. Ils ont deux enfants : Berthe et Madeleine.

 

L’aînée de la famille, Léonie Préau, née en 1846, décédée en 1920 et inhumée à Luzarches, épouse Léon Courmont.
Trois enfants sont issus de cette union : Henriette, Marthe et Georges.
Georges, né en 1869, épousera sa cousine germaine, Berthe Dutilleux.
Marthe, née en 1867, décédée en 1964, épouse Henri Michel. Le couple a quatre enfants dont l’aîné, Jean, père de Janine Jacques, épouse Madeleine Bivel. Les parents et grands parents de Janine Jacques reposent au cimetière de Luzarches.

Henriette, l’aînée des enfants, née en 1865, décédée en 1937, épouse Emile Arnaud, notaire et maire de Luzarches [13] . Ils ont un fils, Maxime, mort au Champ d’Honneur, le 8 mars 1917. Il avait 23 ans [14] . Ils habitent rue Vivien [15] .

                                

Eugène Préau, ses enfants, ses petits-enfants et ses arrières petits-enfants, au Château de Chauvigny, en 1895.
 (archives familiales J.J. – cliché jmrb_2009)
                                              

 

 

                                                          
                             Canotage sur le Canal de Chauvigny (archives familiales J.J. – cliché jmrb_2009)  

Au décès d’Auguste Eugène Préau, la propriété de Chauvigny fait l’objet d’un partage entre ses enfants, le 15 février 1904, en l’étude de Me H. Ch. Danger, notaire à Louvres.
Lucie et Berthe, célibataires toutes deux, acquièrent notamment le domaine de Chauvigny.

La propriété comprend alors les biens suivants :
Le Château de Chauvigny ;
La ferme de la Dîmeresse, limitée à l’est par le bien de M. Lévêque et à l’ouest par celui de M. d’Espieulles ;
Une maison rue Saint Damien au n°45, vendue à M. Gangloff, ancien huissier (époux de Joséphine Augustine Vallée) - acte passé devant Me Allard, notaire à Luzarches, le 20 novembre 1922.
Un terrain situé au n°12 de la rue de Meaux, bordé au sud par le bien des enfants Dufrénoy, à l’est par celui de Joseph Hudde et à l’ouest par celui de M. Carré et Mme Hudde.

Durant la première guerre mondiale, le Château est transformé en hôpital auxiliaire, dénommé hôpital auxiliaire 507. 

Organisé par l’Association des Dames Françaises dont Madame Arnaud est Présidente, l’hôpital entretient des relations étroites avec celui qui est dirigé, à l’Abbaye de Royaumont, par les "Scottish Women", sous l’impulsion du Dr Elsie Maud Inglis.

D’abord installé dans une propriété de Luzarches, en haut de la rue Saint-Côme, le transfert à Chauvigny a lieu le 9 mars 1916 et l’aménagement du château de Chauvigny demande une grande disponibilité des Dames Françaises. Les problèmes de financement, de personnel et de pénuries diverses ne viennent pas à bout de l’opiniâtreté de Madame Arnaud qui organise des tombolas pour dégager des moyens financiers nécessaires au bon fonctionnement de l’hôpital. Elle doit également veiller à la bonne marche de l’Etude d’Emile Arnaud, son époux, mobilisé. L’hôpital 507 reçoit les blessés du front, les gazés à l’ypérite, puis à la fin de la guerre, les victimes de la grippe espagnole qui tuera plus de 30 millions de personnes dans le monde. Une correspondance du 24 septembre 1918 nous apprend que l’u des malades hospitalisés, un certain Leroux, atteint de la grippe, a dû interrompre son voyage à Luzarches.

Le dernier blessé quitte l’hôpital le 25 novembre 1918. L’hôpital auxiliaire 507 ferme [16] .

Chauvigny reste dans la famille jusque dans les années 1925-1926. Lucie et Berthe sont obligées de vendre le domaine, compte tenu du montant considérable des charges nécessaires à son entretien.

Depuis, plusieurs propriétaires se sont succédé. Il est aujourd’hui, propriété de la famille Szantyr.  

                                                            

Le château de Chauvigny en 1895 (archives familiales J.J. – cliché jmrb_2009)

 

 Nota : un grand nombre de titres et papiers, concernant Chauvigny, son terrier, ses déclarations censiaires fort anciennes, le bois de la Noue, Thimécourt et Chauvigny, en 1463, 1471,1603,1693, Gascourt et Chauvigny en 1427, 1564, 1582, 1565, 1576, la sentence du Châtelet en 1565 pour droit de colombier, la permission de bénir la chapelle en 1729, ont été extraits des archives de Champlâtreux, remis aux officiers municipaux de la Commune et brûlés sur la place publique, le 6 octobre 1793.

D’autres titres de Chauvigny ont été perdus notamment le contrat du 13 décembre 1701 de 11 arpents sur les Brûlis de Chaumontel-les-Nonnains planté sen bois en 1702, et un échange du 20 mai 1731, pour la pointe du Vivier du Gril, vers le moulin à huile (acte passé devant Me Liottez, notaire à Creil, à la résidence de Luzarches).

 

Jean-Michel Rat et Renée Baure-Rat (†)
jmrbrulis@orange.fr

  [1] Les armes de la famille Baron : Ecartelé au 1er d’azur; à une bande d’or, accompagné de deux besans de même, au 2è d’argent, à un arbre terrassé de sinople, accompagnée chef de deux étoiles de gueule, et en pointe d’un chien d’or passant au pied de l’arbre brochant sur le tout, au 3è d’or à 3 violettes d’azur, au 4è à 3 forêts d’or
[2] Archives Musée Condé Chantilly - Série BG Luzarches - carton 4 3] Archives Musée Condé Chantilly - Série BG Luzarches - carton 4 - parchemin 46 ff
[4] Archives Musée Condé Chantilly - Série BG Luzarches - carton 4 - 6 ff pour examen et 4 ff de parchemin pour le supplément
[5] Mathieu François Molé fait construire le château actuel entre 1751 et 1757, avec son épouse Bonne Félicité Bernard, dernière fille de Samuel Bernard, banquier des rois Louis XIV et Louis XV, après avoir fait démolir l’ancien château en 1750 (http://www.chateau-champlatreux.com)
[6] Archives Musée Condé Chantilly - Série BG Luzarches - carton 4 
[7] Louis-Mathieu Molé, Comte Molé, homme politique et dernier du nom, ministre de la Marine en 1817/1878, ministre de s Affaires étrangères en 1830, puis Premier ministre en 1836, ministre de s Affaires étrangères en 1830, puis Premier ministre en 1836, est né en 1781. Il a repris possession de Champlâtreux après la Terreur et l’a restauré dans son état actuel. Il meurt en 1855 (http://www.château-champlatreux.com)
[8] Marie-Louise de Lamoignon, née en 1763, fonde, après la Terreur, l’Ordre des sœurs de la Charité de Saint-Louis, dont la maison-mère est au Canada. Elle meurt en 1825. Dans les Comptes de la Maison du Roi Louis XVI, figure Chrétien-Guillaume de la Moignon, Maître de la Chambre et du Cabinet du Roi. Il reçoit, au titre de sa charge, 1600 livres, sur un total de 414000 livres, soit 1 % des dépenses du gouvernement.
[9] François-Nicolas décède le 8 avril 1874, sans postérité. Sa sœur héritera de la totalité de ses biens.
[10] Voir Luzarches d’antan, Lusareca n°28, avril 2007, p.28, 29
[11] Inventaire du mobilier de l’église - Doyenné et paroisse de St Côme et St Damien - Diocèse de Versailles, manuscrit, 1875, archives municipales Luzarches
[12] Auguste-Eugène Préau est le premier maire élu après le vote de la loi du 5 avril 1884 sur l’organisation des communes.
[13] Voir Renée Baure-Rat & Jean-Michel Rat, Luzarches, Echos du passé, 1914-1918 – La Grande Guerre, Mairie de Luzarches, 2006, p.11
[14] Voir Renée Baure-Rat & Jean-Michel Rat, Opus. cité, p.28
[15] C’est dans leur maison de la rue Vivien que demeure Janine Jacques.
[16] voir opuscule 1 - 1914-1918 La Grande Guerre de Renée Baure-Rat & Jean-Michel Rat, in Luzarches - Echos du Passé, éd. Mairie de Luzarches, 2006

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