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Luzarches, ville d'étape militaire (3/4)
Le 4 janvier 1859, parti
d’Amiens le 2 janvier, un détachement du 9e de
ligne passant aux 1ers grenadiers & 2es
voltigeurs de la Garde fait halte pour la nuit à Luzarches. Il
continue sa route vers Paris, le lendemain.
Un avis de passage le 7 janvier
1859 concerne un détachement de 75 jeunes soldats du Puy-de-Dôme
partis de Clermont-Ferrand et se rendant à Dunkerque.
Le 12 janvier 1859, 49 jeunes
soldats de la Dordogne du 2e bataillon de chasseurs à
pied, partis de Périgueux et se rendant à Saint-Omer, logent à
Luzarches.
Il en est de même, le 16 janvier
1859, pour 85 jeunes soldats du Lot du 21e de ligne,
partis de Cahors et ralliant Béthune.
Le 10 février 1859, annoncé par
la subdivision militaire de la Somme, un détachement du
17e bataillon de chasseurs à pied, un officier et 188
sous-officiers et soldats, partis d’Arras le 5 février à
destination de Paris, est reçu à Luzarches.
Le 26 février 1859, le
21e de ligne, comprenant 16 hommes partis de Paris le
jour même, fait halte à Luzarches avant de repartir vers Clermont
de l’Oise, le 27 février.
Les 18 et 21 mars 1859,
l’état-major et deux escadrons du régiment des lanciers de la
Garde, totalisant 28 officiers, 280 sous-officiers et soldats, plus
308 chevaux, passent la nuit à Luzarches.
Le 17 juin 1859, le
2e d’artillerie, avec 80 hommes partis de Lille le
10 juin, arrive à Luzarches, d’où il se rend à Vincennes le
lendemain.
La subdivision militaire de la
Somme avise le maire de Luzarches du mouvement des troupes faisant
étape à Luzarches les 14 (parties d’Amiens le 12 juin) et 19
juin 1859 (parties de Lille le 12 juin) :
61 apprentis marins de Toulon se
rendant à Saint-Denis,
39 hommes du 8e
régiment de chasseurs se rendant à Saint-Denis
38 hommes du 14e
d’artillerie se rendant à Vincennes,
75 hommes du 5e
escadron du train se rendant à Saint-Denis,
23 hommes du 1er
zouaves se rendant à Saint-Denis,
36 infirmiers de l’hôpital
de Constantine se rendant à Saint-Denis,
10 hommes de la 15e
section (administratifs) se rendant à Saint-Denis,
60 infirmiers rendant à
Saint-Denis.
Le 22 juin 1859, 102 jeunes
soldats du 16e de ligne, partis de Châteauroux à
destination de Dunkerque, logent à Luzarches.
Par avis du 15 août 1859, le
sous-intendant militaire de Vincennes annonce l’arrivée de
deux colonnes du 73e de ligne, représentant 52
officiers, 1 275 sous-officiers et soldats et 20 chevaux, les 19 et
20 août. Il demande de leur faire préparer le logement, en
précisant que « la nourriture leur a été distribuée pendant la
journée des 19 et 20 août ».
La 1re colonne (1
bataillon) est forte de 20 officiers, 610 sous-officiers et soldats
et 10 chevaux. La 2e colonne (état-major et 1 bataillon)
compte 32 officiers, 665 sous-officiers et soldats et 10 chevaux.
La troupe se rend à Condé, dans le Nord. L’itinéraire, porté
au crayon sur l’avis, indique les villes de
Pont-Sainte-Maxence et Gournay (Oise), Roye et Péronne (Somme),
Cambrai et Bouchain (Nord).
Le 21 août 1859, le
13e d’artillerie, avec 6 officiers, 214
sous-officiers et soldats et 168 chevaux, se rendant à Douai par
les villes de Pont-Sainte-Maxence et Gournay (Oise), Roye et
Péronne (Somme), Cambrai (Nord), font halte à Luzarches.
Les 23 et 24 septembre 1859,
deux escadrons du 2e lanciers, comptant 10 officiers,
225 sous-officiers et soldats, dont 15 hommes à pied, et 225
chevaux, sont répartis entre Luzarches (115 hommes), Champlâtreux
(10 hommes) et Le Mesnil-Aubry (100 hommes).
Le 26 décembre 1859, partie de
Hesdin le 21 décembre, la 1e compagnie de cavaliers de
remonte (1 officier, 60 sous-officiers et soldats, 1 cheval) fait
halte à Luzarches, qu’elle quitte le lendemain pour se rendre
à Paris.
Le 10 avril 1860, le
5e régiment de chasseurs, avec 26 officiers, 328
sous-officiers et soldats et 269 chevaux, séjourne deux jours à
Luzarches et dans les villes avoisinantes. Luzarches loge 213
hommes et 154 chevaux, Chaumontel reçoit 30 hommes et 30 chevaux,
Champlâtreux accueille 20 hommes et 20 chevaux, et Lamorlaye abrite
65 hommes et 65 chevaux.
Le 22 mai 1860, la 6e
batterie du 16e d’artillerie, avec deux officiers,
117 sous-officiers et soldats, une cantinière, deux enfants et 76
chevaux, partis de Aire le 16 mai, et se rendant à Saint-Denis, est
hébergée à Luzarches.
Le 8 juillet 1860,
l’état-major et deux escadrons du 2e dragons, avec
22 officiers, 318 sous-officiers et 316 chevaux, partis de Lyon et
se rendant à Aire, commandés par le colonel Decroix, restent à
Luzarches pour une nuit.
Les 9 et 10 juillet 1860, ils
sont suivis par un escadron du 2e dragons, avec 9
officiers, 149 sous-officiers et 149 chevaux, commandés par le
lieutenant-colonel Obry.
Le dossier H « troupes de
passage » des archives municipales de Luzarches ne contient
pas de documents de 1861 à 1869.
Au cours de cette décennie, le
second Empire continue ses expéditions hors du territoire français,
lesquelles se terminent par des revers diplomatiques et
militaires.
Les menaces se situent à
l’est de la France. Napoléon III rencontre Otto von Bismarck
(1815-1898) à Biarrritz, le 4 octobre 1865, pour assurer ce dernier
de la neutralité de la France. Il promet de ne pas aider
l’Autriche en conflit avec la Prusse, dans l’espoir
d’obtenir une « compensation » sur les territoires
de la rive gauche du Rhin, la Belgique et le Luxembourg. Mais la
nouvelle Allemagne prussienne de Bismarck reste
inflexible.
À partir de 1866, Napoléon III
lance une série de réformes libérales (sociétés anonymes,
instruction primaire, réorganisation de l’armée, presse,
liberté de réunion), mais l’opposition démocratique et
l’échec social entraînent le pays vers un conflit avec la
Prusse, qui éclate en 1870.
Recrutement de la classe
1868 d’Henri-Charles Pluchart
Archives familiales privées
de Bernard Spitzer (cliché jmrb_2010)
L’année 1870 à Luzarches
est marquée par la fin de mandature du maire Augustin-Adolphe
Lallier, le 2 janvier. M. Lallier est provisoirement remplacé dans
ses fonctions, du 22 février au 12 avril, par Auguste Préau. Félix
Achille Meu devient maire le 12 avril 1870.
Le 3 juillet 1870, le prince de
Hohenzollern est candidat au trône d’Espagne. La France voit dans cette décision un risque
d’encerclement en cas de victoire. À la suite du retrait de
cette candidature, la France demande confirmation au roi Guillaume
Ier de Prusse. Ce dernier confirme et en rend compte à
Bismarck, qui reformule la notification de façon plus sèche.
La France y voit un affront et, le 19 juillet 1870,
déclare la guerre à la Prusse.
Par note du 20 juillet 1870,
Gervais, colonel commandant la colonne du régiment de carabiniers
de la Garde impériale, demande au capitaine Caillon de préparer le
logement pour deux escadrons du régiment de carabiniers de la
Garde, venant de Pont-Sainte-Maxence et devant loger à
Luzarches, le 22 juillet 1870. Un tableau du 21 juillet 1870
détaille l’effectif de la 2e colonne
Officiers
Troupes
Chevaux
État-major
Chefs
d’escadron
1
2
4
Adjudants
majors
1
2
4
Médecins
1
2
4
Vétérinaires
1
2
4
Troupe
5
5
5e
escadron
Officiers
7
14
28
Troupe
83
83
À
pied
14
6e
escadron
Officiers
7
14
28
Troupe
84
84
À
pied
13
18
235
244
Cantinière
1
Au verso du tableau, le logement
est prévu, outre Luzarches, à Chaumontel (30 hommes et 30 chevaux),
à Épinay-Champlâtreux (23 hommes et 25 chevaux) et au Mesnil-Aubry
(50 hommes et 60 chevaux).
Figure également la liste
nominative des familles chargées de loger les officiers et les
sous-officiers :
Lebeau, Barbier,
Gilbert-Boucher, [illisible], Blanchard, Damours, Courtine, Gros,
Guffroy, Berques, Pique, Garet, Hamelin, Leclerc, Bernardin, Duval,
Porray, Fournier, Vinot, Hardouin, Sandrin, Budin et
Dupré.
Annonce de l’arrivée
de la 2ème colonne du Régiment de carabiniers de la
Garde nationale
Archives municipales
Luzarches (cliché jmrb_2009)
L’hostilité des puissances
européennes et leur neutralité isolent la France. L’armée est
encerclée à Sedan. Le 1er septembre 1870, la France
capitule, Napoléon III est fait prisonnier. Le 4 septembre, il est
déchu. Les députés constituent un gouvernement provisoire. La
IIIe République est proclamée. La Commune de Paris
s’organise et prend les armes.
Louise Michel (1830-1905),
surnommée « la Vierge rouge », amie de Charles Ferré,
chef de la Commune, est ambulancière lors des événements de la
Commune. Arrêtée après la « Semaine sanglante », elle est
déportée en Nouvelle-Calédonie. Elle sera de retour en France en
1880.
Feuille de route adressée à
Henri-Charles Pluchart
Archives familiales privées
de Bernard Spitzer (cliché jmrb_2010)
Bulletin de solde adressé à
Henri-Charles Pluchart
Archives familiales privées
de Bernard Spitzer (cliché jmrb_2010)
Le 19 septembre, le siège de
Paris commence. Léon Gambetta (1838-1882), ministre de la Guerre,
quitte la capitale en ballon pour se rendre à Tours et lever une
armée afin de la libérer.
Un autre ballon, le
Général-Uhrich, s’envole de Paris dans la nuit du 18
au 19 novembre 1870, avec à son bord l’aéronaute Émile
Lemoine, le colombophile Prosper Thomas et deux francs-tireurs,
Joseph Biembar et Jean Chapouille (voir le récit de ce vol dans
Luzarches, histoire d’une ville en Pays de France des
origines à 1914, pp.135-138,par Jean-Michel Rat & Renée
Baure).
Le récit d’un assiégé de
Paris est parvenu jusqu’à nous. Il s’agit d’une
lettre de Clément Gendre, garde mobile, acheminée en 1870 par
ballon monté. Cette lettre est adressée à ses parents
(Luzarches, histoire d’une ville en Pays de France des
origines à 1914, pp.135-138,par Jean-Michel Rat & Renée
Baure).
Le gouvernement se retire à
Bordeaux en décembre 1870.
Le 15 octobre 1870, le maire de
Luzarches, Meu, est avisé du passage, deux jours plus tard,
d’un bataillon du 14e de ligne, venu
d’Amiens et fort de 15 officiers, 392 sous-officiers et
soldats, et 2 chevaux. Il est suivi, le 18, par l’état-major
et un bataillon (20 officiers, 407 sous-officiers et soldats, et 6
chevaux), puis, le 20, par un bataillon et un dépôt (25 officiers,
405 sous-officiers et soldats, et 4 chevaux).
En janvier 1871, les armées
françaises sont battues par les Prussiens. Paris capitule le 28
janvier. La France et la Prusse signent l’armistice.
Louis-Adolphe Thiers est nommé
chef du pouvoir exécutif de la République française. La commune de
Paris se soulève le 18 mars 1871. Du 21 au 28 mai 1871, les
derniers communards de Paris sont massacrés au cours de la
« Semaine sanglante ». L’événement marque la fin de
la Commune de Paris.
Le 31 août 1871, Thiers est
nommé président de la République. Les tampons administratifs
changent. L’aigle impérial est remplacé par la
République.
Meu quitte ses fonctions le 19
novembre 1871. Auguste Préau assure l’intérim jusqu’au
3 janvier 1872. Il est remplacé temporairement par Carré
jusqu’au 25 janvier, date à laquelle Jean Auguste Truchy
devient maire de Luzarches.
Le dossier H ne contient pas de
pièces pour l’année 1872.
Le 16 janvier 1873, la
1re division militaire de Versailles avise le maire de
Luzarches du passage d’un « détachement du 7e
régiment de dragons, composé d’un officier – 27 hommes
de troupe et 31 chevaux se rendant de Versailles à Arras ». La
troupe doit arriver à Luzarches le 18 janvier. Les vivres, le
fourrage et le logement nécessaires à la troupe doivent être
assurés dans les conditions habituelles.
Le 19 janvier 1873, le
12e chasseurs à pied, parti de Paris le jour même, loge
à Luzarches. Il comprend un officier, 23 hommes de troupes et 24
chevaux (avis du sous-intendant militaire A.D. Colombani). Au dos
de l’avis, la mairie de Luzarches détaille les affectations
des hommes dans les familles et les maisons avec écuries pour les
chevaux :
Logeurs
Écuries
Garet (chez
Duponnois)
2
Chagnaud
10
Boucher (chez Lapchin,
père)
2
Savoye
6
Vve
Duval
1
sous-officier
Dion
6
Gros,
pharmacien
1
officier
Duponnois 2
Lapchin,
fils
2
Lejard, marchand de
nouveautés
2
Gallois,
peintre
2
Mancet,
serrurier
2
Brignon
2
Gangloff
2
Vve Hudde (chez
Savoye)
2
Vve
Aubouin
2
Hahn (Chez
Duponnois)
2
Avis de passage du
7ème régiment de Dragons en 1873
Archives municipales
Luzarches (cliché jmrb_2009)
Le 24 mai 1873, Edme Patrice
Maurice, comte de Mac-Mahon, duc de Magenta et prince de Solferino,
est élu président de la République. Il succède à Adolphe Thiers,
démissionnaire. Il instaure alors le septennat. Il sera contraint
de démissionner, à son tour, le 30 janvier 1879. Jules Grévy lui
succédera.
Le 22 septembre 1873, le
15e d’artillerie (8e et 9e
batteries), arrivé de Paris le jour même, loge à Luzarches (avis du
sous-intendant militaire de Saint-Germain, G.L. Bouvard).
L’avis est confirmé par le sous-intendant militaire E.
Durand. Il précise l’effectif – 6 officiers, 223 hommes
et 199 chevaux – ainsi que l’itinéraire : Paris,
le 22 septembre ; Luzarches, nuit du 22 au 23 septembre ;
Clermont, le 23 septembre ; arrivée à Douai le 29
septembre.
Un état complet désigne les
logements hébergeant les hommes et les chevaux.
Passage de
troupes à Luzarches du 22 septembre 1873
8e et
9e batteries du 15e régiment
d’artillerie commandées
par M. de Lanet,
capitaine en 1er
se rendant de
Paris à Douai (Nord)
Effectif :
6
officiers : MM. de Lanet et Lande, capitaines
Gire, Delsel et
Rivalin, lieutenants
223
sous-officiers et soldats
199
chevaux
Etat
nominatif destiné au logement des troupes et de leurs
chevaux
Archives
municipales Luzarches (cliché jmrb_2009)
(à
suivre)
Jean-Michel Rat et Renée
Baure-Rat (†)
jmrbrulis@orange.fr
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