Cet historique des difficultés rencontrées permettra peut-être de comprendre une partie des problèmes actuels !
Jusqu’au début des années 1960, l’enseignement secondaire n’existait pas à Luzarches. La plupart des élèves de la commune et des communes voisines souhaitant poursuivre leurs études dans un établissement public se rendaient au cours complémentaire de Sarcelles-Centre, aujourd’hui détruit.
Ils étaient obligés de prendre le train à la gare de Luzarches,
ce qui supposait un départ fort matinal dans la mesure où les
trains étaient peu fréquents. De plus, arrivés à la gare de
Sarcelles-Saint-Brice, il fallait encore compter un bon quart
d’heure de marche jusqu’à l’établissement.
Propriété Lavalette
2 avenue de la
Libération
(Cliché jmrb 2005
©)
Cette population scolaire étant en constante
augmentation, dans la seconde moitié des années 1950, les
Luzarchois et la municipalité souhaitèrent voir la création
d’un cours complémentaire à Luzarches, chef-lieu de
canton.
Après de multiples tergiversations, des négociations
s’engagèrent entre toutes les parties intéressées et les
projets se concrétisèrent.
Le 13 juin 1959, "le Conseil
municipal approuve la déclaration de M le Maire (Dr Fournet)
concernant les constructions scolaires et le charge
d’acquérir les terrains nécessaires". C’est le début de
la longue histoire de notre établissement.
Souhaitant ouvrir les classes de 6e et 5e le
plus tôt possible, le Conseil décide de contacter le propriétaire
d’un bâtiment situé au 2, avenue de la Libération,
actuellement propriété d’une agence immobilière.
La séance du Conseil municipal du 28 octobre 1959 fait état de
"l’organisation du chauffage des classes chez
Lavalette".
Á la même époque, les établissements Poulain et Cabet sont
désignés pour l’exécution des constructions scolaires sur
commande groupée : il est prévu 4 classes pour la maternelle, 2
classes filles, 4 classes garçons et 4 classes pour le cours
complémentaire.
Le 7 mars 1960, "le Conseil
approuve l’avant-projet et sollicite une subvention de
l’État". Le dossier technique est voté le 5 août 1960.
Á la rentrée de septembre 1961, les
élèves sont accueillis dans les locaux jouxtant l’école
maternelle rue des Selliers et l’établissement prend le nom
de collège d’enseignement général mixte. Le premier cycle
sera complété l’année suivante. L’établissement devient
annexe du lycée de Montmorency.
1962 : classe rue des Selliers.
Cliché aimablement prêté par Armelle Piette
Un cadre champêtre : pré de la "Pissotte". En arrière-plan, le
collège, l’école des filles et le COSEC en construction.
(Collection privée – François Larvor.)
Le 8 mai 1961, une classe de 4e est créée.
Se pose alors la question de la poursuite des études pour les
élèves formés à Luzarches. La population scolaire issue du CEG
étant en constante augmentation, et les problèmes de transport
restant les mêmes qu’en 1959, il est décidé d’ouvrir
une classe de lycée.
En 1963, le collège
d’enseignement général est transformé en lycée, dont le
premier cycle est en forme pédagogique de CES.
Le 22 mars 1964, le Conseil décide de faire aménager un
terrain rue des Selliers pour y installer provisoirement des
classes préfabriquées démontables appartenant à l’État, le
lycée étant devenu lycée municipal. (Il y aura 35 classes
préfabriquées en 1970 !). Il est ensuite nationalisé.
Le 21 septembre 1964, "le Conseil
vote un emprunt en complément de la subvention de l’État et
de celle du Département pour l’aménagement d’une salle
de sciences". Le 17 novembre 1965, il "vote l’agrandissement
du réfectoire".
Le 9 avril 1967, "le Conseil
municipal délibère sur la transformation éventuelle du premier
cycle du lycée en CES nationalisé" – ce qui sera réalisé en
1977 ! Le nombre d’élèves continue de s’accroître. En
1968, le lycée compte 555 élèves.
Á la rentrée scolaire 1971-1972,
pour répondre aux normes, le CEG étant devenu collège
d’enseignement secondaire, il faut transformer des classes
existantes en salles de travail et créer un bâtiment pour la
demi-pension. Les salles spécialisées sont insuffisantes, et mal
adaptées, voire dangereuses. Le préau sert de salle de permanence ;
la bibliothèque partage les locaux du secrétariat du lycée ; 850
repas sont servis, alors que la capacité maximum des locaux est de
500 ; les préfabriqués sont en mauvais état.
Les préfabriqués : Clichés aimablement prêtés
par B. et G. Messéant
Il est alors décidé de créer un CES 600 : bâtiment de demi-pension
avec une salle polyvalente et une aile en construction industrielle
comprenant surtout des salles spécialisées.
Le lycée annexe devient lycée d’État autonome (le dossier
avait été déposé le 25 avril 1969 par M Effroy, inspecteur
d’académie – 32 communes envoyant au lycée 85 % des
effectifs et refusant de participer aux frais de fonctionnement !).
Quelques préfabriqués sont désaffectés, mais il reste encore 27
salles d’enseignement dans des bâtiments précaires.
L’urgence de la construction d’un lycée devient
évidente, mais les arcanes administratifs ne vont pas en faciliter
la réalisation. En 1975, le financement de l’établissement
figure en 5e position. Malheureusement, les crédits sont
attribués en priorité à la ville nouvelle de Cergy pour la
construction de son lycée.
Professeurs – dont M. Schall –, élèves, parents
d’élèves, municipalité, député, sénateur, inspecteur
d’académie essayent de faire évoluer la situation.
L’extrait du Journal officiel du 15 avril 1975 illustre
l’âpreté des interventions au Sénat :
Le 27 octobre 1977, le Conseil
municipal, "considérant que l’établissement fonctionne
actuellement dans des conditions matérielles déplorables et
qu’il est indispensable et urgent de remédier à cet état de
chose, demande que la reconstruction du lycée soit réalisée le plus
tôt possible et donne son accord pour la constitution d’un
syndicat intercommunal groupant les communes intéressées". (Le
Conseil venait d’être renouvelé. Il siègeait sous la
présidence de M. Bernard Messéant, nouveau maire, les conseillers
étant : M. Aeschbacher, Mmes Baure, Caron, M. Catu, Mlle Daquin,
MM. David, Decolin, Gendre, Jupille, Larvor, Mme Loridan, M.
Maccari, Mme Mayolle, MM. Monfret, Pomerol, Roidot.)
Le Syndicat intercommunal pour la construction du lycée est
constitué en octobre 1978, sous l’impulsion de Bernard
Messéant qui en devient le président. Ancien président d’une
amicale de parents d’élèves particulièrement dynamique,
Bernard Messéant était engagé depuis des années dans les projets
d’amélioration des conditions scolaires dans la commune
– l’un des grands domaines où devait s’engager
son action.
En octobre 1979, M. le Maire
"expose au Conseil que les travaux de construction du lycée vont
être entrepris prochainement". Les expropriations et acquisitions
se poursuivent et les travaux se réalisent.
Le 21 mai 1986, "M. le Maire expose
que la construction de la deuxième tranche du lycée est achevée et
que le syndicat prévoit de réaliser la troisième et dernière
tranche", qui concernait les aménagements aux abords du lycée, les
équipements sportifs et les parkings. (Le Conseil municipal, passé
à 23 membres, était composé de M. Bernard Messéant, maire, de MM.
et Mmes Bonté, Caron, David, Decolin, Donin, Duwer, Gendre, Guttin,
Jupille, Larvor, Loridan, Mayolle, Margotin, Monnot des Angles,
Monfret, Neveux, Pigasse, Pomerol, Privat, Richard, Sabatier [ Une
conseillère avait quitté Luzarches.])
Tout récemment, le collège Anna de Noailles a bénéficié
d’une réhabilitation prise en charge, en totalité, par le
Conseil général du Val-d’Oise.
Les établissements scolaires,
aujourd’hui - le lycée Gérard-de-Nerval, l’école
élémentaire Louis-Jouvet et la salle de sports, le collège
Anna-de-Noailles et l’école maternelle Rosemonde Gérard.
Clichés jmrb 2005.
Une bonne trentaine d’années se sont écoulées entre la
constatation de la nécessité d’améliorer la scolarité des
élèves de la commune et la concrétisation des projets. Il est
évident qu’une telle réalisation ne peut se faire en peu de
temps, mais il faut admettre que trente années voient aussi des
transformations considérables en matière de population et que de
nouveaux problèmes se posent.
Malheureusement, en matière d’enseignement, on ne peut guère
patienter – comme il est possible de le faire pour la
réalisation d’une promenade publique ! (Cf. Lusareca n° 12,
"le jeu du Battoir").
Renée Baure-Rat & Jean-Michel
Rat
jmrbhome@wanadoo.fr